Blanc
Bleu
Blanc
Bleu
Blanc
Bleu
Blanc plafond
Bleu drap
Blanc plafond
Bleue drap
Blanc plafond
Bleu drap
A l'oreille doucement mot par mot elle dit
- Ce soir ont l'a fait à la Majorelle
Blanc
Bleu
Blanc
Bleu
Blanc
Bleu
Blanc plafond
Bleu drap
Blanc plafond
Bleue drap
Blanc plafond
Bleu drap
A l'oreille doucement mot par mot elle dit
- Ce soir ont l'a fait à la Majorelle
A ce congrès de scientifiques revient la question récurrente
Comment instaurer un test anti-dopage pour le premier spermatozoïde arrivant à l'ovule ?
Après de multiples débats il semble que la solution ne soit pas encore trouvée
Il se peut que le tsunami des trottinettes se déversant dans les villes soit un hommage aux Structures portantes de Guy Debord et Asger Jorn
C'est possible mais rien n'est certain
Après l'arrachement tant désiré du sol , n'y laissant qu'une population résiduelle . C'est la période de l'Apesanteur - cet entre-deux . Ce moment flottant si agréable entre terre et ciel - enfin mettre en action dématérialisation et numérisation pour tenter de le rejoindre . C'est toute une trajectoire cela
Chaque été c'est le même pèlerinage , ils se rendent par millions aux bords des flots . Pour contempler et rendre hommage à la soupe primitive dont nous sommes sortis . C'est des moments d'hébétude nimbés de profondes parenthèses de mysticisme . C'est donc là - oui c'est là . Entre terrasses , bains de soleil , farniente et longues soirées - ne rien faire - surtout rien du tout - se baigner dans le néant de l'océan du temps pour être en communion totale . Recommencer dès que possible
D'étranges cris d'orfraie accompagnent chaque année la rentrée littéraire . Trop ! Il y a en a trop ! Beaucoup trop ! Vraiment trop ! Ils semblent déplorer le nombre de parutions - cette année 460 paraît-il . Ce qui est finalement très peu pour le nombre d'écrivains potentiels sans compter les velléités . Ce qui est très peu pour le nombre d'histoires à raconter que contient le monde , les vraies ou les imaginaires . Ce qui est très peu pour une population se comptant en millions . Puis dans le lot il n'y en a vraisemblablement pour chacun que deux ou trois titres qui lui seront indispensables et plaisants à la lecture . C'est sans compter la bande dessinée où il y avait cet incroyable homme-orchestre qu'était Raoul Cauvin , il nous reste Jean Van Hamme . Avec son écriture toute en découpages cinématographiques il suffit de lui demander un scénario et c'est parti pour des heures en sa compagnie . Pour Thorgal , XIII ou Largo Winch c'est le principe de la balle rebondissante même dans un coin ça repart . Un feuilletoniste quelque que soit le support qu'il choisisse il lui faut alimenter le fictionnel - après tout à moins d'avoir une œuvre en bloc imposant une cohérence , il est possible de choisir tel ou tel embranchement et cela ne change pas fondamentalement la donne . Les histoires forment une Atlantide au fur et à mesure qu'elles disparaissent . Qui se souvient d'une seule du haut-temps romanesque des croisades ou encore du conflit qui embrasa l'Europe en 14-18 à part Jacques Tardi ? Le commandant Raynal bonifiait à chaque nouvelle mouture sa légende du pigeon Vaillant portant le dernier message au péril de ses ailes du fort de Vaux - et c'était encore plus beau à lire ou à entendre . Les premières histoires sont avec ses parents mais l'enfant est trop petit , alors on lui raconte ce qui s'est passé , c'est plus ou moins vrai . Celle du couple aussi qui en forme une , jusqu'à la séparation et l'apparition des versions - parfois l'histoire cesse d'exister , il n'y a plus personne qui a envie de la raconter . Toutes ces intimes doivent rejoindre l'Atlantide aussi . J'étais en compagnie de René Magritte , de sa biographie que je lisais de conserve avec Mémoires d'écriture - cet élégant a perdu à sa mère à l'âge de treize ans - elle s'est suicidée . Jean Van Hamme lui a perdu sa mère à l'âge de deux ans . Sur les étals devant eux des bouts d'âmes à vendre - en tableaux ou en scénarios . Il se dit que raconter ou écouter des histoires a une vertu consolatrice et rend la vie plus belle . Il se dit tellement de choses . A bientôt pour de nouvelles aventures et lectures
Il vérifie consciencieusement ses ongles
Il doit rencontrer ce soir cette si jolie fille au regard vert embrumé par le désir
Ce n'est pas le moment d'en avoir un qui accroche
On sait jamais
Il faut le dire on n'est pas toujours objectif , ayant pour habitude de photographier les livres que je chronique à même le plancher de mon bureau , en croiser un qui révèle des écrits planqués au dos - c'est plus que tentant d'en entreprendre la lecture . D'ailleurs n'y en aurait-il pas quelques-uns sous le mien ? Faut-il préparer le pied de biche ? Pas forcément et nous allons voir pourquoi . Ah les enthousiasmes ! Parfois il faut être attentif à ne pas se faire refourguer de la drouille , cela arrive souvent quand les promesses ne sont pas à hauteur des attentes suscitées . Dans ce livre écrit par Jacques-Olivier Boudon qui est intitulé - Le plancher de Joachim , tout est dans le sous-titre - L'histoire retrouvé d'un village français . C'est écrit par un localier , vous saurez tout , tout sur le village des Crottes , vous saurez tout , tout sur le château de Picomtal où furent retrouvés les inscriptions au dos des lattes de parquets . Vous saurez tout , tout sur la généalogies des différents habitants , si ils sont viticulteurs , forestiers ou élèvent des moutons . Les inscriptions qui date de 1880 sont très succinctes - sur le curé , le châtelain ou l'arrivée du chemin de fer . Il n'y a vraiment pas grand chose et absolument rien de littéraire , c'est peut-être du populaire , mais en cette fin de siècle les sources , ce n'est pas ce qui manque elles sont pléthoriques . Il cite Alain Corbin mais étrangement pas Arlette Farge qui a fait un monumental travail dans une période moins évidente le XVIIIe où les traces laissées par toute une population sont moindres . Les marques laissées par les tailleurs de pierre sur les monuments religieux , les parchemins en palimpsestes , les feuillets abandonnés dans le tiroir secret d'un meuble , les signes de Glozel ou ceux de Marc Pessin - ces trésors qui attendent le découvreur . Y aura t-il un nouveau François Villon à trouver ? Tous ces lambeaux accrochés aux coulées dans les halliers attestent au moins d'une chose - un homme est passé par là . A bientôt pour de nouvelles aventures et lectures
C'est un ami qui nous raconte une de ses dernières aventures à chaque fois avec lui le quotidien devient épopée et cette transmutation c'est faire péter des feux d'artifices dans le ciel d'autres jours que le 14 juillet . Il avait fait son fanfaron - misé gros et perdu - mais pas d'argent , il avait récolté un gage . Ses amis sont facétieux lui qui aime les jolies filles il devait désormais séduire une grosse et pas une tarifée et ramener pour preuve son string . C'est là que les choses se corsèrent . Il nous le dit , elles ne sont pas facile d'approche , les grosses elles se méfient . Elles se disent que le type qui tournent autour d'elles c'est soit un vicelard ou un mort de faim qui cherche un lot de consolation . Elles sont les plus difficiles , mais il a du bagout , du charme et il sait sortir le grand jeu - pluies d'étoiles , du restaurant à la piste de danse . Il est arrivé à ses fins . Ils sont dans la chambre dénudés , l'un face à l'autre debout - il y a de l'étreinte dans l'air . Il repense à la finalité - le pari perdu . Il la regarde interrogatif et lui demande " Mais tu n'as pas de string !? " . Elle est massive , vraiment massive , elle soulève son ventre avec ses deux mains et lui répond " Si il est là " . On ne plus combien de temps elle dura , une tempête de rire nous secoua en tous sens . C'est un garçon qui a le sens des formules après nous avoir rassasié avec cette bonne histoire il nous en décocha une " Vous savez c'est à ce moment là que j'ai pensé , le string c'est le surligneur des fesses " . Notre journée était faite
Nous étions à arpenter des canyons emplis de marchandise de chez Carrefour . Un magasin que nous n'avions jamais exploré . On fait de ces trucs dans la vie . Au croisement de deux allées nous nous sommes retrouvés face une étrange créature - ne bougeant pas - collée devant notre chariot . Un cube de 1m20 de hauteur environ avec deux brosses tournant - un robot ménager . Revenus de notre surprise nous sommes exclamés d'une même voix " Bordel R2-D2 est devenu un prolétaire ! Ah la déchéance ! La honte totale " . Nous ne bougions toujours pas , lui non plus , c'est à ce moment qu'un message émanant d'un haut-parleur crachouillant s'est fait entendre " Un agent d'entretien est demandé au rayon huile où une bouteille vient de casser " . Nous avons effectué un savant créneau et imperturbable il semble avoir continué son chemin . Nous nous sommes alors mis à entonner cette fameuse chanson - Mets de l'huile !
Ah les fameuses actualités , de quoi sont-elles constituées ?
De guerres , de compétitions sportives , de faits-divers , des mouvements de l'économie - principalement
Elles distinguent une seule et unique chose - une échelle de mesure
Laquelle me demandez-vous ?
Celle qui permet de d'indiquer le niveau de la prédation en cours
Tout ce qui n'est pas délocalisable en production ou en service doit être rabaissé . Il faut dénier aux individus une quelconque valeur . Cela fait longtemps qu'il y a ce travail de sape pour les rendre interchangeable - leur ôter toute singularité - tout savoir-faire particulier - toute réelle solidarité
C'est la menace permanente de l'automatisation - numérique ou mécanique - ce qui est le grand remplacement par les machines ou de travail moins cher à l'autre bout du monde
Pour tout ce qui n'est pas possible de remplacer dans tous les pays d'Europe il y a le sans-papier . Il est l'auxiliaire indispensable du capital . Dans le btp , le service à la personne , le transport , la restauration , le maraîchage , la sécurité - il est partout où ils ne veulent pas payer le juste prix . Il est la parfaite variable d'ajustement
Il a deux vertus principales aux yeux du capital . La première que nous venons d'évoquer c'est le nivellement par le bas , la seconde c'est sa fonction de culpabilisation si bien agitée par les propagandistes des bons sentiments . Ils sont le parfait cheval de Troie pour détruire ce qui ne l'est pas encore .
Il faut le dire haut et fort - le sans-papier c'est l'ennemi