Après l'arrachement tant désiré du sol , n'y laissant qu'une population résiduelle . C'est la période de l'Apesanteur - cet entre-deux . Ce moment flottant si agréable entre terre et ciel - enfin mettre en action dématérialisation et numérisation pour tenter de le rejoindre . C'est toute une trajectoire cela
qqselements
samedi 5 septembre 2026
C'est les vacances
Chaque été c'est le même pèlerinage , ils se rendent par millions aux bords des flots . Pour contempler et rendre hommage à la soupe primitive dont nous sommes sortis . C'est des moments d'hébétude nimbés de profondes parenthèses de mysticisme . C'est donc là - oui c'est là . Entre terrasses , bains de soleil , farniente et longues soirées - ne rien faire - surtout rien du tout - se baigner dans le néant de l'océan du temps pour être en communion totale . Recommencer dès que possible
vendredi 4 septembre 2026
Raconter des histoires
D'étranges cris d'orfraie accompagnent chaque année la rentrée littéraire . Trop ! Il y a en a trop ! Beaucoup trop ! Vraiment trop ! Ils semblent déplorer le nombre de parutions - cette année 460 paraît-il . Ce qui est finalement très peu pour le nombre d'écrivains potentiels sans compter les velléités . Ce qui est très peu pour le nombre d'histoires à raconter que contient le monde , les vraies ou les imaginaires . Ce qui est très peu pour une population se comptant en millions . Puis dans le lot il n'y en a vraisemblablement pour chacun que deux ou trois titres qui lui seront indispensables et plaisants à la lecture . C'est sans compter la bande dessinée où il y avait cet incroyable homme-orchestre qu'était Raoul Cauvin , il nous reste Jean Van Hamme . Avec son écriture toute en découpages cinématographiques il suffit de lui demander un scénario et c'est parti pour des heures en sa compagnie . Pour Thorgal , XIII ou Largo Winch c'est le principe de la balle rebondissante même dans un coin ça repart . Un feuilletoniste quelque que soit le support qu'il choisisse il lui faut alimenter le fictionnel - après tout à moins d'avoir une œuvre en bloc imposant une cohérence , il est possible de choisir tel ou tel embranchement et cela ne change pas fondamentalement la donne . Les histoires forment une Atlantide au fur et à mesure qu'elles disparaissent . Qui se souvient d'une seule du haut-temps romanesque des croisades ou encore du conflit qui embrasa l'Europe en 14-18 à part Jacques Tardi ? Le commandant Raynal bonifiait à chaque nouvelle mouture sa légende du pigeon Vaillant portant le dernier message au péril de ses ailes du fort de Vaux - et c'était encore plus beau à lire ou à entendre . Les premières histoires sont avec ses parents mais l'enfant est trop petit , alors on lui raconte ce qui s'est passé , c'est plus ou moins vrai . Celle du couple aussi qui en forme une , jusqu'à la séparation et l'apparition des versions - parfois l'histoire cesse d'exister , il n'y a plus personne qui a envie de la raconter . Toutes ces intimes doivent rejoindre l'Atlantide aussi . J'étais en compagnie de René Magritte , de sa biographie que je lisais de conserve avec Mémoires d'écriture - cet élégant a perdu à sa mère à l'âge de treize ans - elle s'est suicidée . Jean Van Hamme lui a perdu sa mère à l'âge de deux ans . Sur les étals devant eux des bouts d'âmes à vendre - en tableaux ou en scénarios . Il se dit que raconter ou écouter des histoires a une vertu consolatrice et rend la vie plus belle . Il se dit tellement de choses . A bientôt pour de nouvelles aventures et lectures
jeudi 3 septembre 2026
2266
Il vérifie consciencieusement ses ongles
Il doit rencontrer ce soir cette si jolie fille au regard vert embrumé par le désir
Ce n'est pas le moment d'en avoir un qui accroche
On sait jamais
dimanche 30 août 2026
Parquet Courts
Il faut le dire on n'est pas toujours objectif , ayant pour habitude de photographier les livres que je chronique à même le plancher de mon bureau , en croiser un qui révèle des écrits planqués au dos - c'est plus que tentant d'en entreprendre la lecture . D'ailleurs n'y en aurait-il pas quelques-uns sous le mien ? Faut-il préparer le pied de biche ? Pas forcément et nous allons voir pourquoi . Ah les enthousiasmes ! Parfois il faut être attentif à ne pas se faire refourguer de la drouille , cela arrive souvent quand les promesses ne sont pas à hauteur des attentes suscitées . Dans ce livre écrit par Jacques-Olivier Boudon qui est intitulé - Le plancher de Joachim , tout est dans le sous-titre - L'histoire retrouvé d'un village français . C'est écrit par un localier , vous saurez tout , tout sur le village des Crottes , vous saurez tout , tout sur le château de Picomtal où furent retrouvés les inscriptions au dos des lattes de parquets . Vous saurez tout , tout sur la généalogies des différents habitants , si ils sont viticulteurs , forestiers ou élèvent des moutons . Les inscriptions qui date de 1880 sont très succinctes - sur le curé , le châtelain ou l'arrivée du chemin de fer . Il n'y a vraiment pas grand chose et absolument rien de littéraire , c'est peut-être du populaire , mais en cette fin de siècle les sources , ce n'est pas ce qui manque elles sont pléthoriques . Il cite Alain Corbin mais étrangement pas Arlette Farge qui a fait un monumental travail dans une période moins évidente le XVIIIe où les traces laissées par toute une population sont moindres . Les marques laissées par les tailleurs de pierre sur les monuments religieux , les parchemins en palimpsestes , les feuillets abandonnés dans le tiroir secret d'un meuble , les signes de Glozel ou ceux de Marc Pessin - ces trésors qui attendent le découvreur . Y aura t-il un nouveau François Villon à trouver ? Tous ces lambeaux accrochés aux coulées dans les halliers attestent au moins d'une chose - un homme est passé par là . A bientôt pour de nouvelles aventures et lectures
samedi 29 août 2026
Un pari
C'est un ami qui nous raconte une de ses dernières aventures à chaque fois avec lui le quotidien devient épopée et cette transmutation c'est faire péter des feux d'artifices dans le ciel d'autres jours que le 14 juillet . Il avait fait son fanfaron - misé gros et perdu - mais pas d'argent , il avait récolté un gage . Ses amis sont facétieux lui qui aime les jolies filles il devait désormais séduire une grosse et pas une tarifée et ramener pour preuve son string . C'est là que les choses se corsèrent . Il nous le dit , elles ne sont pas facile d'approche , les grosses elles se méfient . Elles se disent que le type qui tournent autour d'elles c'est soit un vicelard ou un mort de faim qui cherche un lot de consolation . Elles sont les plus difficiles , mais il a du bagout , du charme et il sait sortir le grand jeu - pluies d'étoiles , du restaurant à la piste de danse . Il est arrivé à ses fins . Ils sont dans la chambre dénudés , l'un face à l'autre debout - il y a de l'étreinte dans l'air . Il repense à la finalité - le pari perdu . Il la regarde interrogatif et lui demande " Mais tu n'as pas de string !? " . Elle est massive , vraiment massive , elle soulève son ventre avec ses deux mains et lui répond " Si il est là " . On ne plus combien de temps elle dura , une tempête de rire nous secoua en tous sens . C'est un garçon qui a le sens des formules après nous avoir rassasié avec cette bonne histoire il nous en décocha une " Vous savez c'est à ce moment là que j'ai pensé , le string c'est le surligneur des fesses " . Notre journée était faite
Mets de l'huile
Nous étions à arpenter des canyons emplis de marchandise de chez Carrefour . Un magasin que nous n'avions jamais exploré . On fait de ces trucs dans la vie . Au croisement de deux allées nous nous sommes retrouvés face une étrange créature - ne bougeant pas - collée devant notre chariot . Un cube de 1m20 de hauteur environ avec deux brosses tournant - un robot ménager . Revenus de notre surprise nous sommes exclamés d'une même voix " Bordel R2-D2 est devenu un prolétaire ! Ah la déchéance ! La honte totale " . Nous ne bougions toujours pas , lui non plus , c'est à ce moment qu'un message émanant d'un haut-parleur crachouillant s'est fait entendre " Un agent d'entretien est demandé au rayon huile où une bouteille vient de casser " . Nous avons effectué un savant créneau et imperturbable il semble avoir continué son chemin . Nous nous sommes alors mis à entonner cette fameuse chanson - Mets de l'huile !
dimanche 16 août 2026
L'économie en anthropophagie
Ah les fameuses actualités , de quoi sont-elles constituées ?
De guerres , de compétitions sportives , de faits-divers , des mouvements de l'économie - principalement
Elles distinguent une seule et unique chose - une échelle de mesure
Laquelle me demandez-vous ?
Celle qui permet de d'indiquer le niveau de la prédation en cours
Le sans-papier c'est l'ennemi
Tout ce qui n'est pas délocalisable en production ou en service doit être rabaissé . Il faut dénier aux individus une quelconque valeur . Cela fait longtemps qu'il y a ce travail de sape pour les rendre interchangeable - leur ôter toute singularité - tout savoir-faire particulier - toute réelle solidarité
C'est la menace permanente de l'automatisation - numérique ou mécanique - ce qui est le grand remplacement par les machines ou de travail moins cher à l'autre bout du monde
Pour tout ce qui n'est pas possible de remplacer dans tous les pays d'Europe il y a le sans-papier . Il est l'auxiliaire indispensable du capital . Dans le btp , le service à la personne , le transport , la restauration , le maraîchage , la sécurité - il est partout où ils ne veulent pas payer le juste prix . Il est la parfaite variable d'ajustement
Il a deux vertus principales aux yeux du capital . La première que nous venons d'évoquer c'est le nivellement par le bas , la seconde c'est sa fonction de culpabilisation si bien agitée par les propagandistes des bons sentiments . Ils sont le parfait cheval de Troie pour détruire ce qui ne l'est pas encore .
Il faut le dire haut et fort - le sans-papier c'est l'ennemi
samedi 15 août 2026
Okolona River
Il fait chaud
Très chaud
Plus chaud que nos corps
Juste ventilés par les la la la la la la de Bobbie Gentry
Cette voix à boire des cocktails étoilés toute la soirée
Nous irons en sa compagnie regarder l'Okolona river
Verte et épaisse charriant la vie tel du limon
Puis nous trinquerons en pleurant et en riant tout en même temps
C'est peut-être cela le blues
Bonne écoute
lundi 10 août 2026
Jean-Yves
Sortir le tire-bouchon déboucher une quille c'est réaliser un strike alors deux ce doit pas être loin d'un spare . Nous aurons le temps d'affiner la réflexion . Disposer deux verres - ça c'est important . Bien à ma droite une bouteille de chez Jean-Yves Millaire - au choix un Château Cavale qui est en appellation Bordeaux ou un Château la Rose Garnier qui est en Fronsac . Les deux sont intégralement en merlot . Bien à ma gauche une quille du Château Fougas cuvée Organic élaborée par Jean-Yves Béchet , c'est un mélange de de merlot et de cabernet sauvignon . Pour avoir une similaire quasiment composé de merlot il y a la cuvée au beau nom de baptême - Forces de vie - on en reparlera une autre fois , nous n'en avons plus on les a toutes sifflés . Commencer la dégustation en versant dans chaque verre une bonne lampée - il faut être équitable , à niveau équivalent . Porter un des deux verres à sa bouche , après avoir procédé à un tirage au sort . C'est pas bien compliqué on prend les deux bouchons , on les mélange , et celui qui sort de la main - c'est bon , on est parti .Une vraie dégustation , on ne recrache pas , cela ne se fait pas - on dirait du Bill Clinton " Je n'ai pas inhalé " . Le liquide qui reste uniquement dans le palais , c'est ne faire que la moitié du chemin . Un vin c'est un trajet dans un corps . Surtout avec ceux en biodynamie - une canne de verre de conscrit vient d'être avalée - elle est là , elle fait ressentir l'intériorité . Dans ces vins , c'est de l'eau qui est passée à travers la plante , puis les grains . Allez hop c'est pas possible les verres sont vides , il faut se resservir . Une gorgée c'est tel un aphorisme , cela peut donner une idée de la tournure d'esprit de votre interlocuteur - mais là nous sommes partis pour une conversation . Il y a des moments d'écoute et d'autres où les mots s'entrechoquent . Ce qui est le cas là , les verres sont à nouveau vides . C'est pas possible ils doivent avoir un défaut , ils sont troués . Bon on va se resservir et bien les observer . C'est du vin rouge et dans les deux cas , ils n'ont pas des tronches de fatigués - il y a une vibration perceptible . Oh il est temps de porter ce breuvage à nos lèvres . Ceux qui ne font que goûter , c'est sur ils sont de la race des esthètes . Cela ressemble à ces magiciens qui pratiquent l'escamotage et ensuite ils décrivent des arômes - ah c'est beau ! Se resservir à nouveau , bordel la bouteille est vide - quelle arnaque , je sais pas combien elle fait ? 75 centilitres , non il n'y était pas , c'est pas possible . On va en ouvrir une autre pour vérifier . Hop verser dans le verre , c'est un peu le même gout oui , c'est celui de reviens-y - il prédomine . L'autre aussi elle est vide aussi - ça c'est le réchauffement climatique qui fait faire les vendanges en juin sur le plateau d'Albion . Oui et c'est cela qui a fait l'évaporation dans le verre là sur la table . D'ailleurs il est vide , il faut le remplir . Souvent l'épiphanie de la dégustation - elle n'est pas dans le lapement - elle arrive après une bonne fréquentation . Il survient quelque chose - une forme de véracité qui apparait . Ils parlent à Rome , mais les gaulois savent qu'un vin à avant tout le goût de raisin . C'est l'eau qui a transmuté et qui vient en nous . Il est vrai que pour s'amuser à la lecture du livre - La vie mystérieuse du vin de Bruno Quenioux , il faut être camphré vraiment sévère . D'expliquer tout cela , ça donne une de ces soif - l'avantage de ces vins , c'est qu'ils font de doux lendemain . On a pas l'impression d'avoir la tête emplie de douelles s'entrechoquant . Non c'est pas possible , il va falloir les contacter , les vignerons - les bouteilles elles se vident toutes seules . Ah est le tire-bouchon était parti se cacher sous le table - le coquin ! Ce p'tit bruit , ce plop , celui du liège fendant l'air , c'est les seules détonations qu'on devrait tolérer au monde . J'ai un ami il les conserve tous , ils sont les jalons d'un parcours de buveur - avec ses Golgotha et ses envolées . C'est à l'identique d'une bibliothèque , ce n'est pas forcément que l'on va relire un livre , mais c'est qu'il est le témoin d'un moment . C'est pas possible , non , les deux verres sont vides en même temps - bah ça si ce n'est pas une synchronicité ! Bon on va les remplir ensemble . Ce dire qu'ils existent des vins bio et les autres - c'est inimaginable - il y a les aristos - boire un Demeter - il y a quelque chose de , de différent . Je viens de m'apercevoir que sans le vouloir j'ai mélangé les deux vins - ça choque pas trop - c'est la définition d'une cuvée maison . Il n'y a en plus il faut déboucher une troisième . Il faut avoir le sens du sacrifice et celui de la conversation . D'ailleurs il se dit qu'Omar Khayyam ne buvait peut-être pas un seul verre , mais il avait ce combustible pour faire chanter sa prose et danser la vie . Il se dit tellement de choses . Le matériel c'est pas possible , je suis persuadé , mais persuadé de persuadé que ces verres sont sur le principe du tonneau des Danaïdes . Hop on débouche une quatrième , il faut comme le dit si bien Fabienne Verdier , devenir eau pour peindre l'eau , devenir arbre pour le peindre , devenir montagne pour être sa forme et devenir vin pour le décrire . Après c'est vrai le verre , il faut s'en occuper , hop une bonne rasade . C'est à ce moment de la soirée - bien enivré - qu'il s'est passé un phénomène étrange - oui mais nous l'avons oublié . Ce dont il est possible de se souvenir , c'est qu'il est certain , qu'à un moment , un camarade m'ayant rejoint pour m'aider à la cinquième , sixième et septantième bouteilles - un truc comme ça . Nous n'étions plus du tout , du tout objectifs et nous avons pensé que Jean Yves , c'est vraiment un prénom de vigneron et qu'ils faut tous qu'ils se prénomment Jean Yves . Sur ce , c'est pas tout , ça donne faim , il va falloir manger un peu - il faut être raisonnable - quand même et retrouver le tire-bouchon qui s'est carapaté . A bientôt pour de nouvelles aventures . Brinde !
dimanche 9 août 2026
On a perdu un copain
Rythmique imparable , riffs et batterie scandant la journée et la martelant - ce morceau est un hymne . Le faire tourner en boucle il dissipe les noires énergies . Il est tel pote passant le bras autour du cou - en consolation de camaraderie . D'ailleurs c'est quoi un groupe ? Surement le partage dans son acmé . Des paroles simples qui sonnent juste c'est cela Komintern Sect et son titre - Que restera-t-il de toi ? L'écouter en pensant bien fort au chanteur Carl Jahier qui a disparu il y a un an . On a perdu un copain . Bonne écoute haute et forte , à bientôt pour de nouvelles aventures