dimanche 16 août 2026

De la prédation

Ah les fameuses actualités , de quoi sont-elles constituées ? 

De guerres , de compétitions sportives , de faits-divers , des mouvements de l'économie - principalement 

Elles distinguent une seule et unique chose - une échelle de mesure

Laquelle me demandez-vous ? 

Celle qui permet de d'indiquer le niveau de la prédation en  cours  

 

Le sans-papier c'est l'ennemi

 Tout ce qui n'est pas délocalisable en production ou en service doit être rabaissé . Il faut dénier aux individus une quelconque valeur . Cela fait longtemps qu'il y a ce travail de sape  pour les rendre interchangeable - leur ôter toute singularité - tout savoir-faire particulier - toute réelle solidarité 

C'est la menace permanente de l'automatisation - numérique ou mécanique - ce qui est le grand remplacement par les machines ou de travail moins cher à l'autre bout du monde 

Pour tout ce qui n'est pas possible de remplacer dans tous les pays d'Europe il y a le sans-papier . Il est l'auxiliaire indispensable du capital  . Dans le btp , le service à la personne , le transport , la restauration , le maraîchage , la sécurité - il est partout où ils ne veulent pas payer le juste prix . Il est la parfaite variable d'ajustement

 Il a deux vertus principales aux yeux du capital . La première que nous venons d'évoquer c'est le nivellement par le bas , la seconde c'est sa fonction de culpabilisation si bien agitée par les propagandistes des bons sentiments . Ils sont le parfait cheval de Troie pour détruire ce qui ne l'est pas encore . 

Il faut le dire haut et fort - le sans-papier c'est l'ennemi  

samedi 15 août 2026

Okolona River

 Il fait chaud
Très chaud
Plus chaud que nos corps
Juste ventilés par les la la la la la la de Bobbie Gentry
Cette voix à boire des cocktails étoilés toute la soirée
Nous irons en sa compagnie regarder l'Okolona river
Verte et épaisse charriant la vie tel du limon
Puis nous trinquerons en pleurant et en riant tout en même temps
C'est peut-être cela le blues
Bonne écoute

lundi 10 août 2026

Jean-Yves


 

 

 Sortir le tire-bouchon déboucher une  quille c'est réaliser un strike alors deux ce doit pas  être loin d'un spare . Nous aurons le temps d'affiner la réflexion . Disposer deux verres - ça c'est important . Bien à ma droite une bouteille de chez Jean-Yves Millaire - au choix un Château Cavale qui est en appellation Bordeaux ou un Château la Rose Garnier qui est en Fronsac . Les deux sont intégralement en merlot . Bien à ma gauche une quille du Château Fougas cuvée Organic élaborée par Jean-Yves Béchet , c'est un mélange de de merlot et de cabernet sauvignon . Pour avoir une similaire quasiment composé de merlot il y a la cuvée au beau nom de baptême - Forces de vie - on en reparlera une autre fois , nous n'en avons plus on les a toutes sifflés  . Commencer la dégustation en versant dans chaque verre une bonne lampée - il faut être équitable , à niveau équivalent . Porter un des deux verres à sa bouche , après avoir procédé à un tirage au sort . C'est pas bien compliqué on prend les deux bouchons , on les mélange , et celui qui sort de la main - c'est bon , on est parti .Une vraie dégustation , on ne recrache pas  , cela ne se fait pas - on dirait du Bill Clinton " Je n'ai pas inhalé " . Le liquide qui reste uniquement dans le palais , c'est ne faire que la moitié du chemin . Un vin c'est un trajet dans un corps . Surtout avec ceux en biodynamie - une canne de verre de conscrit vient d'être avalée - elle est là , elle fait ressentir l'intériorité . Dans ces vins , c'est de l'eau qui est passée à travers la plante , puis les grains . Allez hop c'est pas possible les verres sont vides , il faut se resservir . Une gorgée c'est tel un aphorisme , cela peut donner une idée de la tournure d'esprit de votre interlocuteur - mais là nous sommes partis pour une conversation .     Il y a des moments d'écoute et d'autres où les mots s'entrechoquent . Ce qui est le cas là , les verres sont à nouveau vides . C'est pas possible ils doivent avoir un défaut , ils sont troués . Bon on va se resservir et bien les observer . C'est du vin rouge et dans les deux cas , ils n'ont pas des tronches de fatigués - il y a une vibration perceptible . Oh il est temps de porter ce breuvage à nos lèvres . Ceux qui ne font que goûter  , c'est sur ils sont de la race des esthètes . Cela ressemble à ces magiciens qui pratiquent l'escamotage et ensuite ils décrivent des arômes - ah c'est beau ! Se resservir à nouveau , bordel la bouteille est vide - quelle arnaque , je sais pas combien elle fait ? 75 centilitres , non il n'y était pas , c'est pas possible . On va en ouvrir une autre pour vérifier . Hop verser dans le verre , c'est un peu le même gout oui , c'est celui de reviens-y - il prédomine . L'autre aussi elle est vide aussi - ça c'est le réchauffement climatique qui fait faire les vendanges en juin sur le plateau d'Albion . Oui et c'est cela qui a fait l'évaporation dans le verre là sur la table . D'ailleurs il est vide , il faut le remplir . Souvent l'épiphanie de la dégustation - elle n'est pas dans le  lapement  - elle  arrive après une bonne fréquentation . Il survient quelque chose - une forme de véracité qui apparait . Ils parlent à Rome , mais les gaulois savent qu'un vin à avant tout le goût de raisin . C'est l'eau qui a transmuté et qui vient en nous . Il est vrai que pour s'amuser à la lecture du livre - La vie mystérieuse du vin de Bruno Quenioux , il faut être camphré vraiment sévère . D'expliquer tout cela , ça donne une de ces soif - l'avantage de ces vins , c'est qu'ils font de doux lendemain . On a pas l'impression d'avoir la tête emplie de douelles s'entrechoquant . Non c'est pas possible , il va falloir les contacter , les vignerons - les bouteilles elles se vident toutes seules . Ah est le tire-bouchon était parti se cacher sous le table - le coquin ! Ce p'tit bruit  , ce plop , celui du liège fendant l'air , c'est les seules détonations qu'on devrait tolérer au monde . J'ai un ami il les conserve tous , ils sont les jalons d'un parcours de buveur - avec ses Golgotha et ses envolées . C'est à l'identique d'une bibliothèque , ce n'est pas forcément que l'on va relire un livre , mais c'est qu'il est le témoin d'un moment . C'est pas possible , non , les deux verres sont vides en même temps - bah ça si ce n'est pas une synchronicité ! Bon on va les remplir ensemble . Ce dire qu'ils existent des vins bio et les autres - c'est inimaginable - il y a les aristos - boire un Demeter - il y a quelque chose de , de différent . Je viens de m'apercevoir que sans le vouloir j'ai mélangé les deux vins - ça choque pas trop  - c'est la définition d'une cuvée maison . Il n'y a en plus il faut déboucher une troisième . Il faut avoir le sens du sacrifice et celui de la conversation . D'ailleurs il se dit qu'Omar Khayyam ne buvait peut-être pas un seul verre  , mais il avait ce combustible pour faire chanter sa prose et danser la vie . Il se dit tellement de choses . Le matériel c'est pas possible , je suis persuadé , mais persuadé de persuadé que ces verres sont sur le principe du tonneau des Danaïdes .  Hop on débouche une quatrième , il faut comme le dit si bien Fabienne Verdier , devenir eau pour peindre l'eau , devenir arbre pour le peindre , devenir montagne pour être sa forme  et devenir vin pour le décrire . Après c'est vrai le verre , il faut s'en occuper , hop une bonne rasade . C'est à ce moment de la soirée - bien enivré -  qu'il s'est passé un phénomène étrange - oui mais nous l'avons oublié . Ce dont il est possible de se souvenir , c'est qu'il est certain , qu'à un moment , un camarade m'ayant rejoint pour m'aider à la cinquième , sixième et septantième bouteilles - un truc comme ça . Nous n'étions plus du tout , du tout objectifs  et nous avons pensé que Jean Yves , c'est vraiment un prénom de vigneron et qu'ils faut tous qu'ils se prénomment Jean Yves . Sur ce , c'est  pas tout , ça donne faim , il va falloir manger un peu - il faut être raisonnable - quand même et retrouver le tire-bouchon qui s'est carapaté . A bientôt pour de nouvelles aventures . Brinde ! 

 


 

 

 

dimanche 9 août 2026

On a perdu un copain

Rythmique imparable , riffs et batterie scandant la journée et la martelant - ce  morceau  est un hymne . Le faire tourner en boucle il dissipe les noires énergies . Il est tel pote passant le bras autour du cou - en consolation de camaraderie . D'ailleurs c'est quoi un groupe ? Surement le partage dans son acmé . Des paroles simples qui sonnent juste c'est cela Komintern Sect et son titre - Que restera-t-il de toi ? L'écouter en pensant bien fort au chanteur Carl Jahier qui a disparu il y a un an . On a perdu un copain . Bonne écoute haute et forte , à bientôt pour de nouvelles aventures


 

 

2265

 Julien Gracq disait souvent que ses textes ressemblaient à des icebergs 

Un tiers de visible et le reste en tirant d'eau  

Parfois il est possible de deviner ce qui n'est pas présent 

Il est aussi possible d'être tellement passé à autre chose 

Que ce qu'il y avait soit désormais oublié 

Au lecteur si il le retrouve d'en informer l'écrivain - merci d'avance  

samedi 8 août 2026

2264

 Il dit en riant 

-  Qu'il en entend tellement se raconter des histoires sur ce qu'ils sont 

qui sont fallacieuses 

Que par principe il se méfie des siennes  

jeudi 6 août 2026

Points cardinaux

 Chez Jacquie et Michel il y a le goût des défis et d'un certain romantisme à la française - c'est la french touch . Il y a le Graal qu'ils ont tenté plusieurs fois , mais à chaque fois ce fût un échec . Il se dit même que plusieurs participants finirent aux urgences - il n'y a rien sans prise de risque . A l'ouest , au nord , à l'est , au sud il faut quatre porteurs et une volontaire super motivée - c'est la position des quatre points cardinaux . Tout cela est technique . Mais le sexe ne l'est-il pas dans une certaine mesure ? Cela dépend ? C'est vrai , mais il faut être à hauteur de l'époque et de son mantra . Tout ce qui est possible doit être réalisé . Jacquie et Michel sont la start-up du sexe et ça pousse fort ! Vive nos entreprises ! Vive le progrès ! Vive la France ! 

mercredi 5 août 2026

2263

 Elle est tatouée  sur une bonne partie du corps 

En pleine nuit il se réveilla en sursaut ayant l'impression 

D'avoir des tentacules l'enlaçant

Ce n'était que ses bras encrés  

dimanche 2 août 2026

De l'imaginaire en politique

 

 


 

 C'est un cheminement de passer d'un livre à l'autre . Parfois  des découvertes au hasard des rencontres , d'autres fois suivre une piste  en un jeu de domino l'un se raboutant à  l'autre . Comment me suis-je retrouvé à lire le livre de  Christophe Granger à ne pas confondre avec Jean-Christophe Grangé qui est un peu  moins confidentiel ?  C'était après avoir croisé cet étrange objet littéraire consignant une obsession amoureuse - celle de Valentine Verlain pour son ancien amant Gabriel Hanotaux .  Après leur séparation , elle le pourchassa de sa vindicte tout le restant de sa vie , à son décès un énorme pavé  fût posté à tous les sénateurs , députés et ministres . Gabriel Hanotaux pacifiste , républicain  , ne croyant pas  Alfred  Dreyfus coupable  , ancien délégué de la France à la Société des Nations . Cela fait beaucoup pour certains  surtout aux yeux de celui qui fût le soutien de Valentine Verlain , en  pressentant tout le potentiel  -  Léon Daudet ,  qui est fortement remercié dans le pavé intitulé  La faulx du ministre  . Ce livre était une machine de guerre pour ternir un adversaire politique et dévaloriser par ricochet  toute son action .  Nous sommes en 1926 soit onze ans avant un autre piège tendu dans la même veine  , par un autre membre de l'Action Française Alain  Mellet .  C'est ce que relate Christophe Grangé dans - Ceci est un canular -  Les Poldèves ,  l'extrême droite et la politique du faux . Les poldèves je les avais croisé dans la biographie de Léon Daudet , Le dernier imprécateur de François Broche , c'est ainsi qu'en lisant  un article signalant la sortie de ce livre - mars 2026 - je ne pouvais pas ne pas le lire !  Un peuple inconnu en proie à des persécutions  fait parvenir une missive à des députés pour  demander leur soutien , ils demandent en retour uniquement une lettre  pour appuyer leur dossier devant " la troisième sous-commission de la Commission des Droits des Minorités de la Société des Nations " . Quinze députés répondirent et ils furent conspués un peu plus tard dans la presse royaliste pour " leur bêtise crasse " . Quinze ce n'est pas grand chose c'est un petit morceau du visage de la nation , il n'est pas certain que nos connaissances soient moins lacunaires - mais il possible d'y pallier  plus facilement . Tiens au hasard citez-moi le nom des trois présidents des pays baltes , un ministre croate , un slovène , un néerlandais  polderien  et un français -  on y va crescendo  au départ . C'est toujours amusant cette idée enfantine que certains au pouvoir - de par leur idéologie ou d'une prédestination seraient plus à même d'éviter les ornières et de conduire un peuple  , qu'ils auraient moins de turpitude - une race spéciale qu'on cherche encore  . Ce travail de sape , de dégommage , pour dire c'est nous qui avons la vérité est comparable à celui de l'emporte-pièce . Quand il est pratiqué il ne fait que des trous . Il se dit que le visage d'une nation est plus proche d'un puzzle que d'un monochrome . Il se dit tellement de choses 

 Il fallait affronter les allemands , montrer qui est le  plus courageux , le plus patriote , le plus guerrier . Après des millions de morts , des horreurs au-delà de l'imaginable  , des villes et des pays ravagés , des mutilés et des orphelins il semble que ces idées soient durablement périmées . L'Europe s'est construite en cadre de paix , il n'y a plus de conflit depuis quatre-vingts  ans mais elle a laissé les clés  aux marchands du Temple . Aux élans armés des peuples les uns contre les autres s'est substitué la guerre économique et ses victimes silencieuses - c'est moins sanglant  . Les capitaines indiquent un cap , mais ils sont rares ceux à prédirent  tous les récifs , il y aura toujours  quelques  Costa Concordia . Christophe Grangé pose deux questions primordiales , la première à trait aux indignations . Si une tragédie humanitaire ou guerrière percute un endroit du globe - quels sont nos moyens d'action ? Ce qu'il dénonce dans le procédé du piège  des poldèves c'est une tentative de ridiculiser les bons sentiments - d'annihiler le compassionnel . Il est vrai que les années Trente étaient enragées de géopolitique .Quand il tire cela par analogie sur le terrain contemporain - les réfugiés , les sans-papier , le wokisme - en nouvelles frontières  - on peut-être plus dubitatif . Le citoyen lambda qui se sent concerné par une cause - à son niveau ne va pas faire des miracles si son gouvernement n'embraye pas . J'étais persuadé de trouver cette fameuse formule " La Corrèze avant le Zambèze " , j'ai bien cherché elle ne se trouve pas dans son livre . Denis Tillinac en avait fait aussi le titre d'un de ses bouquins avant d'en consacrer un autre aux deux corréziens d'adoption parmi les plus célèbres François Hollande et Jacques Chirac . Il y a quelque chose dans ce département - Zambèze en force  ! Pardon nous voulions dire en avant la Corrèze !  La seconde c'est le rapport à la vérité il écrit page 229 " Tout l'effort de l'Action Française consiste en quelque sorte à placer la lutte politique sur le terrain du vrai et du faux pour se réserver le monopole du vrai " . Ce qu'il veut démontrer d'emblématique dans cette affaire de la Poldévie , c'est cette façon de subvertir les codes dans un jeu anti-démocratique . A la manière d'un joueur de foot qui fauche son adversaire du jour avec un méchant tacle sur le genou . Là l'arbitre Grangé sort le carton rouge , c'est l'exclusion  et cela donne son  livre . Après un tel canular avec ce côté potache , ce n'est pas tout de même niveau qu'une machine de guerre que fût  l'attentat de la piazza Fontana à Milan le 15 décembre 1969 . A l'autre bord ,  Guy Debord écrivait  " Dans le monde réellement renversé , le vrai est un moment du faux " . Tout cela reste très subjectif parfois .  Puisse que dans ce pays tout termine souvent  en chanson et que c'est toujours les minorités qui braillent le plus fort - ils font de bons animateurs  - entonnons celle-ci  en  concorde " C'est à tribord , qu'on chante , qu'on chante , c'est à tribord qu'on chante le plus fort ! C'est  à bâbord qu'on chante , qu'on chante , c'est à bâbord qu'on chante le plus fort ! " .  Avant de nous quitter je ne résiste pas au plaisir d'attirer votre attention sur ce pays imaginaire qu'est la Poldévie . Grangé dans son texte décortique toute la sémantique du canular de l'Action Française en tous sens et ses jeux de mots - mais celle là , elle est telle la lettre volée . Juste là sous nos regards  , il faut bien ces différents pôles de vie en brassage pour faire une nation .  A bientôt pour de nouvelles aventures et lectures