vendredi 4 septembre 2026

Raconter des histoires

 


 

 

 D'étranges cris d'orfraie accompagnent chaque année la  rentrée littéraire . Trop ! Il y a en a trop ! Beaucoup trop ! Vraiment trop ! Ils semblent déplorer le nombre de parutions - cette année 460 paraît-il . Ce qui est finalement très peu pour le nombre d'écrivains potentiels sans compter les velléités . Ce qui est très peu pour le nombre d'histoires à raconter que contient le monde , les vraies ou les imaginaires  .  Ce qui est très peu pour une population se comptant en millions . Puis dans le lot il n'y en a  vraisemblablement pour chacun que deux ou trois titres qui lui seront indispensables et plaisants à la lecture . C'est sans compter la bande dessinée où il y avait cet incroyable homme-orchestre qu'était Raoul Cauvin ,  il nous reste Jean Van Hamme . Avec son écriture toute en découpages cinématographiques il suffit de lui demander un scénario et c'est parti pour des heures  en sa compagnie . Pour Thorgal , XIII ou Largo Winch c'est le principe de la balle rebondissante même dans un coin ça repart . Un feuilletoniste quelque que soit le support qu'il choisisse  il lui faut alimenter le fictionnel - après tout à moins d'avoir une œuvre en bloc imposant une cohérence , il est possible de choisir tel ou tel embranchement et cela ne change pas fondamentalement la donne . Les histoires forment une Atlantide au fur et à mesure qu'elles  disparaissent . Qui se souvient d'une seule du haut-temps romanesque des croisades ou encore du conflit qui embrasa l'Europe en 14-18 à part Jacques Tardi  ? Le commandant Raynal bonifiait à chaque nouvelle mouture sa légende du pigeon Vaillant portant le dernier message au péril de ses ailes du fort de Vaux - et c'était encore plus beau à lire ou à entendre  . Les premières histoires sont avec ses parents mais l'enfant est trop petit , alors on lui raconte ce qui s'est passé , c'est plus ou moins vrai  . Celle du couple aussi qui en forme une ,  jusqu'à la séparation et l'apparition des versions - parfois l'histoire cesse d'exister , il n'y a plus personne qui a envie de la raconter . Toutes ces intimes doivent rejoindre l'Atlantide aussi . J'étais en compagnie de René Magritte , de sa biographie que je lisais de conserve avec Mémoires d'écriture  - cet élégant a perdu à sa mère à l'âge de treize ans - elle s'est suicidée . Jean Van Hamme lui a perdu sa mère à l'âge de deux ans . Sur les étals devant eux des bouts d'âmes à vendre - en tableaux ou en scénarios . Il se dit que raconter ou écouter des histoires a une vertu consolatrice et rend la vie plus belle  . Il se dit tellement de choses . A bientôt pour de nouvelles aventures et lectures