Tu avais décidé ce soir
De dire la vérité
Toute la vérité
Rien que la vérité
C'était avant de t'endormir
Tu avais décidé ce soir
De dire la vérité
Toute la vérité
Rien que la vérité
C'était avant de t'endormir
De mon pays à ton pays
Là dans le train accoudé à la fenêtre défile le paysage en code-barre
Chaque traverse de la voie me rapproche de toi
Tatata tam Tatata tam Tatata tam
A parcourir cette nuit ce grand pays en sommier
Pour te rejoindre bientôt
A leur rythme en scansion de mes pensées
Tatata tam Tatata tam Tatata tam
Elles sont plus solide que les lattes de ton lit
Que nous casserons comme d'habitude
Joies des retrouvailles
Tatata tam Tatata tam Tatata tam
Demain nous irons en acheter un autre
Pourquoi pas en traverses de chemins de fer ?
Tatata tam Tatata tam Tatata tam
Ouvrir le menu , dévorer des yeux les intitulés des plats , au hasard en voici quelques-uns pour le plaisir . Crème de Tortue blonde d'Alexandre Dumas , Quartiers de Béhague chasseur , Barquettes Montglas , Faisan rôti Nesselrode , Chamois des Aravis sauce du Bédat , Jambon de Prague Montmorency , Langoustines de Granville Bagration , Le granité au Lanson , Suprême de Turbot Mogador ... Des majuscules présentes en hommage et une poétique apéritive . Il y a une bascule après la seconde guerre autour de 1945, avec une simplification des descriptions des plats - la part de rêverie s'évapore . Ou pour le dire autrement c'est le passage du cygne au signe . C'est ce qu'il est possible de constater à la lecture de ce livre - Invitation à l'Élysée , 150 ans de tables présidentielles . Il est constitué des menus de la collection de Jean-Maurice Sacré qui sous un tel nom de baptême ne pouvait rester indifférent aux rituels républicains . Il a commencé par en glaner un en brocante et 3000 autres ont suivis - ce qui prouve une belle constance . Depuis il participe à des expositions , fait des livres et se déguste de bons petits gueuletons fortement arrosés - ah l'heureux homme il a mérité ce brillant convive !
La table était devenue l'épicentre des plaisirs en scansion des journées . A lire les menus grosso modo de toute la Troisième République on se dit que c'était une race d'hommes différentes - des sybarites complets . Des menus à rallonge avec une incroyable variété de plats à tomber en pâmoison . Des ortolans , des lièvres , des sangliers , de la tortue , des chevreuils , des faisans , des paons , des alouettes - c'est cela qui disparait les récents présidents ne mangeant pratiquement plus que du poulet de Bresse et des chapons . C'est le sauvage qui rejoint les bois en écho à la grande domestication étatique . Je n'ai pas encore évoqué les desserts et la fantasmagorie des spooms et cet engouement pour les bombes glacées - à la Valentinois , à la Moskowite , aux Avelines , à la Joinville , à la Wikings . Toutes en écho à celles des anarchistes . Après ce moment des agapes désormais ceux sont les yeux qui sont plus petits que le ventre . Les menus en siamois des livres , ils sont les témoins , ils sont ceux qui restent . Je vous souhaite un bon appétit et de bonnes lectures
Il pleut à verse , parfois quand les nuages se vident en passant on dit qu'il fait un temps de chien
Ce qui signifie qu'ils peuvent en profiter pour prendre leur douche
Paul Landowski vous connaissez ? Essayez-vous à poser la question . Connaissez-vous Paul Landowsky ? Il y a des fils de France dont les noms sont sur toutes les lèvres , d'autres oubliés ou injustement ignorés . Pourtant son œuvre accueille à bras ouverts ceux qui arrivent , il veille sur eux ainsi qu'en permanence sur les habitants de Rio de Janeiro . Vous avez deviné ? Il est le sculpteur de celui qui ouvre les bras - le Christ Rédempteur de Corcovado . Sur le drapeau brésilien la devise inscrite est Ordem et progresso - ici aussi on trouve le meilleur enveloppement qui puisse être proposé celui des mots - et de leurs promesses . La citation entière d'Auguste Comte est " L'amour pour principe , l'ordre pour base , et le progrès pour but " . L'amour on se doute bien que cela fait beaucoup pour un État mais c'est à cela qu'on reconnait le goût de la proposition à la française
Quelques décennies avant Auguste Bartholdi réalisa la Statue de la liberté . Ils en ont en partage d'être porteur d'universalisme - ce qui fût le message de ce pays . Chahutés tous les deux par les tragédies intimes il est orphelin de père à deux ans et Paul Landowski perd ses parents à sept ans puis sa femme , lui laissant deux jeunes enfants qui résistants furent tués par les nazis en 1943 . Ils sont frères de cet espoir matérialisé dans leurs sculptures offertes en partage - et c'est beau
Des prix bas ils claironnent . C'est devenu leur unique argument
Pour des services détériorés ou de la marchandise faisandée fabriquée à l'autre bout du monde
Jamais au grand jamais il ne vont évoquer la qualité - pour eux elle n'existe plus depuis longtemps
Il y a le texte , tout ce qu'il y a autour et tout ce qu'on y a mis ou pas . Cet exercice de post-écriture tant que les traces sont encore fraîches - après il y a l'oubli et la coagulation . Il y a peu de livre récents autour des étiquettes apposées sur les bouteilles de vins .Il y a celui d'Anthony Rowley avec pour base la collection de Philippe Parès que j'avais chroniqué en novembre 2024 . Parmi les étiquettes une m'intrigua particulièrement celle d'une propriété donnée à l'État en sauternes le château de la Tour Blanche je découvrais Daniel Iffla dit Osiris . Ce fût l'occasion de trouver les mémoires bien ingrates aux mécènes . Par conscience professionnelle je décidais de faire venir quelques bouteilles du château et ce qui est fort bien c'est qu'ils commercialisent les productions d'autres lycée agricoles . Cela engendra la rencontre avec un fort honorable Montagne Saint-Émilion - le château Grand Baril ainsi qu'un autre fort fréquentable aussi en Médoc le château Dillon - ils furent dignement honorés par les gosiers . Et le sauternes ? Cela m'a fait la même impression qu'une bouteille de l'immensément respectable Nicolas Joly et de sa distinguée Coulée de Serrant . Nous avions débouchés une bouteille selon tout le protocole , dans les verres c'est un chenin de belle tenue mais avec un goût étrange . Ah oui il incorpore une partie en pourriture noble , c'est là et après avoir bu le sauternes Osiris que j'ai compris l'attrait de Daniel lffla pour ce type de jus . Il y a un goût de putréfaction dans ces vins - ils sentent la mort . L'occasion dans la même veine de faire connaissance avec le vin des légionnaires - le domaine Danjou - où pour le goût boisé ils font tremper des mains . Après une dizaines d'appels , mails et relances diverses et variées . Je m'apprêtais à faire usage de pigeons voyageurs en ultime recours . L'armée conserve cette tradition au Mont-Valérien en hommage au pigeon Vaillant et aux autres . Nous voila rassurés si il y a un black-out total il nous restera des solutions . Les brouteurs font dans le pigeon aussi . Le légionnaire est valeureux mais la logistique c'est pas trop son truc - le colis arrivé il en manquait la moitié . En attendant le reste d'arrivage du bardas je décidais de déboucher une quille à leur santé . Ah oui c'est raccord aux vignerons , c'est bien présent en gueule et la langue reste chargée pour la journée . Le sang de la terre non-filtré qui passe directement du cep à la bouteille . Je décidais sagement d'offrir les flacons pour partager ces émotions intenses . Il me reste de cette aventure un tee-shirt siglé Légion Étrangère qui fait bien son effet
Ouvrir une bouteille , déboucher un livre , l'étiquette en équivalence à la couverture d'un livre . Elle donne envie , ensuite à goûter si les promesses sont à hauteur . Peu de livres autour de cette thématique mais je dégotte celui de Jean-François Bazin . Qui est moins monomaniaque que les types rencontrés précédemment - Christian Bailly et ses automates , Ara Kebapçioglu et ses lampes , Georges Dubouchet et ses outils , Henri-Daniel Wibaut et la gastronomie , Jean Lemaitre et ses machines à sous , Michel-Jack Chasseuil et ses bouteilles ou encore Jean-Maurice Sacré et ses menus ... Pour info c'est ce dernier et son livre sur le Palais de Élysée sur lequels je suis entrain de cogiter - work in progress . Une thématique forte c'est une voie d'accès comme une autre , elle offre un rapport à un réel élargi . Elle traverse souvent les époques et permet les rencontres . Elle peut-être une base d'arborescences . Jean-François Bazin était un homme profondément engagé dans son pays - Dijon et la Bourgogne . Aux Éditions JPM il avait aussi fait paraitre ce fameux livre sur le chanoine Kir . Par ricochets arriver à une figure locale forte mais qui n'a pas imprimée tant que ça le récit national . Si ne ce n'est dans ce nom flottant aux lèvres celui d'un assemblage désuet
C'était un sacré caractère et un sacré zozo . Pas très démocrate , avec un conseil municipal au garde-à-vous veillant à ne pas le mettre en colère . C'est toujours étonnant ces élections au niveau locale ou nationale se jouant à rien et où the winner takes it all . Il y a un vrai problème de démocratie , partout les contre-pouvoirs sont aux abonnés absents . Ensuite , une fois élus , il faut se les fader pendant x années . J'ai évoqué Jean-Marie Bressand et son serial comité de jumelage - il faudrait faire des recherches mais la visite de Nikita Khrouchtchev flattant la vanité exacerbée de notre chanoine sentait la pièce montée terrible . Je n'ai pas trouvé de place pour évoqué son grand œuvre - la création d'un lac artificiel entouré de grands ensembles . Une digue rompant il y avait noyé sa voiture à fanions . C'est les maires ils imaginent toujours que scarifier le paysage urbain va laisser traces . La majorité du temps , un ou deux mandats après eux et tout est pardonné . A Clermont-Ferrand un ancien maire des années Trente Philippe Marcombes à un stade - voila . La postérité n'a pas retenu qu'il est décédé au cœur du pouvoir en plein conseil des ministres au Palais de l'Élysée . Mais bon François Durand de Grossouvre n'a pas non plus de bureau à son nom . L'histoire du jour regarde dans le rétroviseur - parfois . Dans ce livre une belle découverte celle d'un autre homme d'église original aussi - l'Abbé Robert Simon dit le curé volant . Il effectuait d'élégants sauts de l'ange à des hauteurs vertigineuses , souvent plus de 35 mètres . Avec toute l'affection que j'ai pour celui qu'on sent être vraiment un bon gars . Je veux parler du sauteur compulsif Côme Girardot - cela ressemble plus à pierre tombant dans l'eau ou pour le dire autrement des sauts de crapauds . C'est peut-être cela souvent cette époque la manière moins la geste . C'est aussi l'histoire de Nadir Dendoune et son ascension de l'Everest en 2008 qu'il a relaté dans un livre - Un tocard sur le toit du monde . Premier magrébin sans aucune expérience de l'alpinisme a réaliser cette performance . Cela n'évoque rien ? Si Inoxtag , c'est amusant la même version toute nouvelle mais en filmée et scénarisée - aux goûts du jour .
Pas facile à caser non plus dans la chronique pour ne pas y faire trop long - un article du journal Le Monde évoquant l'effondrement du rendement du fameux cassis . Cette baie noire couleur soutane , à force de la bombarder de produits chimiques et d'occire tous les pollinisateurs - ça marche moins bien . Une biologiste effarée raconte avoir recomptée et recomptée - ben oui 99 % des insectes ont disparu . Un des ingrédients du fameux kir est bien mal en point . C'est aussi cela l'héritage d'une période . Le terroir avec les tirs de barrages de la marchandise interchangeable et médiocre dans son ensemble n'est plus qu'un vague alibi dans le meilleur des cas . Les soutanes disparurent mais toute une société avec elles aussi . C'est l'avènement des vortexs et de leurs capacités d'engloutissements et de destructions toujours plus grandes . Des tuyaux toujours plus gros demandent des approvisionnement en conséquence - imaginaires ou matériels .
Quod scripsi scripsi je disais récemment . Écrire c'est prendre une responsabilité , un engagement - à minima celui des capacités d'analyses et d'écriture que l'ont peut mettre en œuvre à un moment donné . Ce qui ne veux pas dire que l'on fera mieux ou moins bien par la suite - c'est le jeu . C'est un bilan d'étape d'un texte qui peut-être dans une dynamique orpheline ou dans des thématiques récurrentes . C'est le ricochet dans l'eau et la tentative de décrire les ondes et le prochain rebond . C'est une tentative de donner forme - au moins elle est là et on verra la suite après . A bientôt pour les prochaines aventures et en attendant je vous souhaite de bonnes lectures
Collés l'un à l'autre - encore
Elle
- A force j'ai l'impression que tu connais mieux mon intimité que je ne la connais
Tu ne te lasses pas ?
Lui
- Non j'ai l'âme d'un explorateur