- Si nous , nous le faisons pas , nos concurrents font le faire - répètent-ils en mantra
Clic clic le mécanisme de la broyeuse vient de s'enclencher
- Si nous , nous le faisons pas , nos concurrents font le faire - répètent-ils en mantra
Clic clic le mécanisme de la broyeuse vient de s'enclencher
Passage des hommes entre les tentures avant d'aborder les rivages de chair et leurs haubans en dentelle . Tout baigne dans le clair-obscur qui est la seule atmosphère fréquentable passé 20 heures . Quelques amazones fredonnant Les nuits de demoiselle passent aussi . Puis ceux qui ne souhaitent pas de ce type de corps à corps mais qui savent que dans un tel lieu au moins il se passe quelque chose . Ils poussent la porte pour boire un verre en conversant du passage du temps , de la journée qui vient de s'arrêter à la lisière de la soirée , des gens croisés et de tant d'autres choses . Ce bateau du désir et ses drôles de passagers vient d'appareiller . Il y a l'équipage habituel , quelques musiciens alternant spleen et joie - des as du glissando - un endroit sans eux , c'est un endroit qui n'existe pas . Une barmaid à l'oreille souple et attentive composant des cocktails dont nulle autre qu'elle ne connait les ingrédients - ils vous accompagnent dans la douce torpeur ou vous font entonner Strychnine façon The Sonics . Il y a là aussi quelques personnages à demeure auxquels personne ne prête attention - les fameux lécheurs . Les uns spécialisés dans le post-coïtal et les autres dans les lieux d'aisances - je vous passe les détails . Enfin les inévitables voyeurs planqués derrière un miroir sans tain ou un œilleton ils se partagent en deux catégories . Tout d'abord il y a les professionnels du renseignement ou de la barbouzerie venant à la pêche ou des types à la Gaël Perdriau travaillant à leur compte . Puis il y a la foule des amateurs venant se donner des sensations - les scopiques . Ils ne fréquentent plus guère ces lieux - désormais ils sont partout et leur circonférence nulle part
Elles occupent tout l'horizon avec leurs énormes masses noires luisantes - elles furent représentées sur toile par celui qui fût leur plus fidèle portraitiste - Pierre Soulages . En approchant tout semble en mouvement perpétuel - elles se dupliquent , il y a des engrenages de partout . Au sol Jean Vioulac s'aperçoit qu'il patauge dans une matière noirâtre dont il est difficile de deviner si il s'agit de résidus ou de ce qu'elles produisent . Il a fait ce long voyage théorique pour contempler le résultat de plusieurs siècles d'autonomisation du capital . Par moment des clapets s'entrouvrent et aspirent d'immenses trainées dans le ciel puis des centrifugeuses se mettent en action . Il est donc là le cœur du système . C'est un double processus qu'il décrit , tout d'abord l'arrachement des hommes à la nature puis l'économie qui devient seule force motrice . Elle est la souveraine devant laquelle les hommes se prosternent . C'est le constat que peut faire tout observateur lucide - celui du cheminement erratique de toute l'Humanité . Des sols gavés aux cadavres laissés par les milliers de guerres oubliées . Puis quand les hommes ne sont pas occupés à se taper dessus c'est la guerre économique qui se déploie . Certains qui accumulent des richesses indécentes et une machine de production en totale surchauffe - des produits par millions et leur répartition inique . Le capital qui après avoir tout décimé tente d'assassiner le travail - intellectuel et manuel . Les masses qui collaborent à ce renforcement et à leur asservissement . C'est à désespérer , ce n'est pas possible qu'ils soient aussi cons ! Et si c'est ainsi . Convoquer Blaise Pascal le premier cybernéticien remplaçant dieu par sa calculette , Hayek en moderne Attila et Marx en frère d'armes qui tente d'expliciter la folie des hommes et d'y donner un sens . A son tour ne pas laisser tout cela impuni et d'écrire ce troisième opus intitulé - Philosophie de la catastrophe , L'esprit du nihilisme et son destin . Il ramasse un caillou le jette de toute ses forces sur les tuyaux et ça fait Bong
Après tout quand ils jouent aux jeux vidéos de guerre cela fait moins de victimes - beaucoup de pilotes de drones sont des gamers . D'abord avec des pierres , puis des lances ou des flèches , arrivent les armes à feux suivis de l'artillerie , toujours plus , la Grosse Bertha avait marquée les imaginaires . Mais ce n'est rien à côte des missiles divers et variés et bien sur du feu nucléaire . L'arme fatale avec elle les ruines disparaissent aussi . Ce fût une quête de la distance et de l'efficacité meurtrière . Le même mouvement qui à lieu dans l'extractivisme , du fond des océans aux satellites est à l'œuvre , il faut en tirer un max . Il ne faut aucune barrière d'aucune sorte aux flux financiers ou de marchandises - aucun frein que de l'accélération . C'est cette course aux abimes que décrit Jean Vioulac , il l'a décrit consubstantielle aux hommes . C'est la voiture fonçant à toutes berzingue dans la nuit sur une muraille et klaxonnant pour qu'elle se pousse . Mais il est aussi possible que la force agissante soit le faire mieux et ses apories . Faire mieux que la pioche et arriver aux titanesques engins agricoles . Toujours faire mieux dans n'importe quel domaine . Faire mieux en médecine , faire mieux en vitesse , faire mieux en appareils productifs , faire mieux en puissance de calcul , faire mieux en argent , faire mieux en saut à la perche .... Faire mieux encore et encore , d'ailleurs pourquoi ne pas faire mieux sans les hommes ? C'est la promesse eschatologique de tout le système . Se poser la question devant tout automatisme - ce qu'il nomme pulsion de mort - avant de l'utiliser . Il n'y a pas de geste innocent
Pour la chasse une sarbacane , pour des milliards des pipelines - on change de dimensions . Il n'y a pas grande différence entre un élevage de poulets industriels et une série à large audience - il faut juste le nombre . Jean Vioulac évoque l'avènement du numérique en mesure de tout et sa force de destruction - tel la boîte de Pandore . C'est l'esprit du capital bien sur et celui des masses qui génèrent leur propre système thermodynamique . Pour que cette forme puisse se stabiliser il faut que les forces de frictions se réduisent . Que tout s'éteigne - que le feu ne soit plus présent qu'à l'état d'images colorées . Il faut que le règne du sans-contact puisse advenir . Que le lisse prédomine en compagnie de son siamois l'interchangeable . Que le rapport au monde ne passe plus que par le truchement de sa dématérialisation . Peut-être ce que Jean Vioulac perçoit en continuité de pensée depuis les grecs jusqu'à la prise de relais du capital n'est qu'un état qui n'était pas encore révélé de l'existence des masses et qu'elles font advenir grâce aux moyens techniques . Cette pâte dans laquelle il piétine et s'englue les pieds - elle est là la fameuse recherchée par tous les physiciens - celle qui obscurcie et enveloppe tout - c'est la matière noire . Cette matière noire qui est désormais entre les individus , emplissant les espaces qui s'agrandissent . Il se penche y trempe son doigt et prend son courage à deux mains , allez plus question de reculer sa décision est prise . Il le faut pour la connaissance , pour savoir à quoi s'en tenir - il faut la goûter . Il fait la grimace son palais est submergé par un goût mélangé de pétrole et , oui et de merde , puis il y a autre chose d'indéfinissable . Il faudrait faire des analyses pour découvrir ces ingrédients secrets , mais cela est une autre histoire . A bientôt pour de nouvelles aventures et lectures
C'est une sensation étrange , quelque que soit le type de marchandise qu'ils vendent - alimentaire , articles de sports , bricolage , vêtements ....
Même y arriver les yeux bandés à la blind test
Se retrouver dans un de leurs magasins et sentir ce goût de déjà-vu oui absolument identique
Chez les Mulliez c'est leur signature - l'infinie tristesse
Traverser le désert ne penser qu'à boire
N'importe quoi de liquide de l'eau , oui de l'eau
Mais du vin des jus de fruits des sodas feront l'affaire
Une envie de boire de boire de boire
D'avaler les gouttes de pluie ruisselantes sur le visage
En ouvrant grand la bouche
La faim aussi qui tenaille le ventre
C'est pas possible cette fringale
Rêver d'ouvrir un frigo empli de victuailles
D'une table couverte de plats pour faire bombance jusqu'au bout de la nuit
D'un somptueux et coloré nyotaimori
Mais là il n'a rien de chez rien et les pensées tournent en rond en heurtant les parois du crâne
Mais là bas est-ce un mirage ou un vrai oasis ?
C'est un vrai un accueil inimaginable pour le naufragé
Des dattes , des figues , de l'eau plus fraîche que celle des glaciers
C'est un moment suspendu , des bouts de paradis qui glissent dans le gosier
Puis être rassasié et passer à autre chose
Il se dit que la quête de l'argent est similaire
Il se dit tellement de choses
Oui il se passe quelque chose
Ce n'est pas souvent
Une œuvre contre soi quelque qu'elle soit
Ce moment où
Ce moment où l'imprégnation a lieu
Pas toutes les surfaces
C'est impossible
Mais la plus grande part
Cela ressemble au corps à corps
Ce moment où
Ce moment où il se passe quelque chose
Aussi
Les pantalons cargo ont ce côté pratique d'être pourvus de larges poches où il est possible de glisser des livres . Pas des pavés mais cette série de trois livres de Raoul Vaneigem se voulant telle s'y prête bien . Ils forment un tout , les thématiques sont identiques , nous avons là - Appel à la vie contre la tyrannie étatique et marchande en 2019 , Retour à la vie en 2022 , et Acratie et autogestion en 2024 . Ils prônent un humain débarrassé de l'artefact des identités et des dualités et libéré des miasmes du capital , l'idéal étant de petits groupes ayant fait disparaitre hiérarchie , travail et argent - ont pressent que le chemin va être ardu - des drailles biens durailles . Ce projet ressemble à l'éthos d'artiste appliqué à une société toute entière - c'est louable et beau . Un monde flottant et baignant dans la vie même , avec de l'ambroisie à volonté et des p'tits fours aussi . Quelques feuilles de palmiers ondoyant aux vents pour se rafraîchir avec un cocktail Molotov ou pas - pour faire le cracheur de feu . Bien croiser les doigts aussi en signe cabalistique pour éloigner les polarisations car elles ne doivent pas être très loin . Après tout c'était le projet situationniste ce désarrimage et c'est le capital qui l'a réalisé . Depuis la limaille se promène dans les champs libres . Attendons de voir la suite
Lire ou écouter Philippe Guillemant , Marc Auburn , Jean-Pierre Petit , Patrick Burensteinas ou Raoul Vaneigem s'est se laisser porter par des poétiques . Il n'est pas certain que le réel inversé souhaité , les parties occultées ou celles imaginées existent mais après tout pourquoi pas ? La noosphère gonflée à l'hélium des propositions . Celle de Vaneigem c'est de la prose en pilule rose - en prendre une l'effet est immédiat - contempler cette Humanité fourvoyée totale , se dire que toutes ses actions sont totalement insensées . Les apprentis sorciers promènent leurs mains en tâtonnements elles déchirent plus souvent qu'elles ne caressent . Partout on trouve plus d'égos que d'égaux . Calm down reprendre une pilule puis une autre . C'est peut-être cela avant tout une œuvre à la fois un abri et une force de proposition . Ses phrases ciselées se transmutent en formules magiques - flèches trempées dans la radicalité projetées à l'assaut des noires citadelles et des armées de reitres penchés aux créneaux . Des phrases en aiguillons qui font exploser les baudruches emplies de l'air du temps - bam bam dans le ciel . Un autre bruit se fait entendre . Boum boum lever nos regards , dans le ciel la pyrotechnie du capital embrase tout , puis plus rien le spectacle est terminé . Ces fusées étaient propulsées par de la poudre aux yeux . Les déploiements c'est cela - des expériences - il faut juste espérer qu'elles ne fassent pas trop de dégâts irréversibles . A bientôt pour de nouvelles aventures et lectures