A ce moment
Il y avait en toi parcelles
A ce moment
Il y avait en toi totalité
A ce moment
Il y avait en toi le passé , le présent , le futur
A ce moment
Il y avait tout
Puis tout a disparu
A ce moment
Il y avait en toi parcelles
A ce moment
Il y avait en toi totalité
A ce moment
Il y avait en toi le passé , le présent , le futur
A ce moment
Il y avait tout
Puis tout a disparu
C'était le bazooka des mot qui arrosait les rues pour provoquer accolades
Face à eux les images ces putes et tous leurs proxénètes faisaient racolages
Une guérilla terrible se déchaîna où il n'y avait que des tentatives d'étreintes
Pour donner le baiser de la mort ou celui de la vie
Il n'y a pas tant de différence entre une œuvre et le feu d'un phare - de loin elle fait signes , ses éclats parviennent jusqu'à nous . Il s'agit ensuite de s'en approcher . Il y a énormément de phares mais seuls certains possèdent une luminosité à laquelle nous sommes plus ou moins sensible . C'est toujours étonnant de découvrir une nouvelle œuvre , pourquoi maintenant ? Pas avant ou plus tard ? Arrive t-elle au bon moment ? Celui qui l'a érigé laisse signature - une condensation de son ou ses talents . Marc Pessin a pratiqué de nombreux compagnonnages depuis son atelier d'imprimeur à Saint-Laurent-du-Pont . Un dessin pour l'un , une mise en pages pour l'autre ou un tirage particulier - plus d'un millier de recueils - puis il a décidé de fonder civilisation . Une fictive nommée - les Pessinois - à laquelle il va fournir écriture et historiographie . Elle était devenue son terrain de jeu . Les plis géologiques du massif de la Chartreuse vinrent s'inscrire dans le papier , avec force gaufrages aussi pour lui apporter sensualité et relief . Il n'y a pas tant de différence entre tout un chacun et un artiste , si ce n'est que ce dernier donne forme à sa singularité - elle devient une esthétique - une proposition qui est là à disposition . La figure de l'artiste fascine car lui , lui oui est allé au bout de sa démarche . Après une œuvre perdure tant qu'elle conserve une capacité d'attraction , autrement elle rejoint les poussiéreuses et oublieuses étagères placées dans les couloirs du temps . Parfois un érudit passe , la prend dans ses mains , va l'épousseter , l'étudie , puis la repose et s'en va .
Ce livre Marc Pessin , Regards sur l'œuvre est paru en 2009 , il accompagnait une exposition au musée de Grenoble qui lui a été consacrée . On y trouve les contributions de Jean Burgos , Michel Butor , Jean-Pierre Chambon , Pierre Dhainaut , Philippe Gonnet , Pierre Péju , Jean-Pierre Spilmont - ils venaient deviser - parlant la même langue - autour de la Table ronde pour rendre hommage à l'un des leurs . Marc Pessin a disparu en 2022 , d'autres de ces chevaliers aussi - une génération passe . C'est le peson qui mesure la densité d'une œuvre , sa densité mais pas sa popularité - certaines s'effilochent dans l'air du temps , d'autres sont blocs de marbre . C'est ce qu'il a tenté de faire en enfouissant des morceaux qui attendent d'être découverts par des explorateurs . Les plus confidentielles sont les moins recherchées , et il n' y a rien a gagné , ce n'est pas la Chouette d'Or - si ce n'est le plaisir de la rencontre - et celui de recevoir des convives à la Déjeuner sous l'herbe de Daniel Spoerri . Le passage de relais est le moment le plus critique , certains tombent et ne sont plus ramassés . Pour le recensement il y a les Mormons qui s'en occupent , pour décrire les méandres d'une vie il y a moins de volontaires . Quelqu'un un jour écrira-t-il la biographie de Marc Pessin ? Peut-être , peut-être pas , même Romain Bouteille attend la sienne . Faut-il dans ses relevés de traces qui la constitue mentionner à part égales les actions , les réalisations , ou la pensée en volutes forcément volatiles - tant d'éclats déjà dissipés ? Ou parfois se contenter des lignes directrices qui a minima dessinent les contours . Vaste chantier auquel nous tenteront un jour d'apporter des réponses . A de nombreuses tables le siège périlleux reste à pourvoir , il se dit qu'il y a toujours des volontaires pour tenter leur chance . Il se dit tellement de choses . A bientôt pour de nouvelles aventures et lectures
Au-dessus du berceau est présenté une tétine , un jouet ou un moderne hochet en forme d'écran . L'enfant tout à ses découvertes tend avidement les mains ou les yeux pour les saisir . Pour Michel Colin il faut revenir quelques temps en arrière , déplaçons-nous au cœur de la forêt de Brocéliande , à côté d'un chêne qui sembla s'ébrouer puis une voix se parlant à elle même se fit entendre - " Allons bon où suis-je arrivé ? Ce pays ressemble peu à celui dans lequel j'ai vécu " . C'est Chu Ta ( Zhu Da ) qui vient d'être catapulté en Bretagne , il s'interroge mais pas pour longtemps , il ne pouvait arriver à meilleur endroit . Un correspondant local , un druide ayant l'habitude de ces évènements , arpente quotidiennement les sous-bois pour apporter son aide . Il sait d'expérience que beaucoup arrivent ici car cette base d'atterrissage est un lieu propice . La population habituée à ce merveilleux n'y prête presque plus attention . " Ah notre antenne 8G le Grand Chêne à un nouvel arrivant , allons l'accueillir . Bonjour l'ami et bienvenu dans ton nouveau pays , je sais qui tu es , je vais t'aider , tu cherches ta prochaine réincarnation pour continuer ta peinture " . " Oui je crois que c'est cela mais vous savez j'étais fortement engagé dans la Voie Excentrique , j'étais très solitaire à tendance monastique , il va me falloir trouver un homme de cette trempe la " . Ce fut au druide qui connait mieux les modalités de lui répondre " Ce n'est pas moi qui vais le trouver - c'est toi , tu as tout ton temps , et si je ne suis plus là mon successeur s'en occupera . Vas par monts et par vaux et dès que auras trouvé - fais moi signe " . C'est ainsi dans ce pays où ils n'ont peur que du ciel qui pourrait un jour de colère tomber sur leurs têtes que Chu Ta se mit en quête .
Dés qu'une naissance déboulait , Chu Ta était là . Il visita tous les couffins de Bretagne . "Ce n'est pas possible je ne trouve que des peintres abstraits , des artistes conceptuels et des vidéastes , plus aucun sculpteur et peu de lettrés " se dit-il . Mais un jour de décembre 1933 , dans une maison à Rennes où un petit venait de naître , il passa dans sa tournée d'exploration et là stupeur ! Le petit avec ses petites mains potelées dans l'air esquisse des idéogrammes , il n'y a aucun doute , ce ne peut-être que lui . Il retourne en un courant d'air quérir le druide qui lui déclare " Oui c'est fort possible mais il faut maintenant que je fasse mes vérifications " . Ce n'est que quelques mois plus tard pendant le solstice d'été que le druide vint taper à la porte " Bonjour , je vous apporte du gui " , "Oh soyez le bienvenu , entrez boire un coup d'hydromel " . Il entre , regardes à droite et à gauche et s'exclame " Quel charmant bambin vous avez là , je m'en vais le saluer " , subrepticement il sortit de sa toge un pinceau de calligraphe et un crayon à mines , l'enfant en les regardant articula fort nettement pour qu'il puisse l'entendre " C'est mes mines , c'est mon pinceau " . Un grand sourire empli de sérénité se leva sur le visage du druide , sa mission était accomplie . Michel Colin devint typographe , puis traversa la tentation du retrait du monde , il passa six années entre 1957 et 1962 à l'Abbaye de Boquen en sortant il déclara " Je suis un solitaire qui n'a pas réellement conscience du contact d'aujourd'hui " . En 1965 c'est décidé , il va se consacrer à son œuvre de peintre , il décide de changer de nom , il se souvient d'un village au cœur de la forêt de Brocéliande qui abrita une branche de sa famille - Psihan . Un coup de verlan et cela devient Han Psi , sa nouvelle signature . Au fil des tentatives et des réussites , il n'aura désormais qu'un seul objectif - se rapprocher de la perfection - explorer le mariage des nuances du noir de l'encre et celles des papiers blancs . A sa façon , celle de occidental se baignant dans une autre culture , s'y immergeant tout entier au point d'y disparaître . Il vient de réapparaître dans ce livre réalisé par Yves Prié aux éditions Folle Avoine et intitulé Han Psi - Un artiste du signe - ne loupons pas cette occasion de faire connaissance . Je ne résiste pas au plaisir de vous faire lire cet hommage d'un de ses amis - qui est une belle définition d'un compagnonnage possible avec une œuvre , c'est Gildas Le Bayon page 46 , voici la fin de son texte " Ce tableau ne s'appelle plus " Écorces " . Il n'est plus appelé d'un nom . Puissance intacte , il est dans notre maison , à Françoise et à moi , toujours à la même place depuis notre arrivée en Cévennes , il y a 44 ans . Il existe par lui-même , il est là , beau inépuisable - la beauté , c'est ce n'épuise pas le regard ( et seul le réel est absolument beau ) . Nous le regardons encore , et lui nous regarde aussi . Han Psi est là , avec nous , silencieux , stable et parfait " . A bientôt pour de nouvelles aventures et lectures
Tout tourne , la terre , les galaxies , l'univers peut-être , Victor Hugo faisait aussi tourner les guéridons et les somnos . Mais ce qui tourne de façon incessante ce sont les outils de production H 24 . Avec l'automatisation les cadences augmentent constamment . Nous avons décider d'apporter notre contribution pour être à l'unisson . Sur la table nous avons disposé des quantités de bouteilles et à portée de main des verres Duralex . Chaque fois que nous portons un toast , nous jetons en un mouvement en cloche le verre par-dessus nos épaules . Les restaurateurs grecs passent aussi des partenariats avec des fabricants de vaisselle . D'ailleurs pour le tir aux pigeons d'argile nous préconisons la marque Haviland - on va pas la jouer petits bras ! Nous encourageons sâoulennellement tous nos compatriotes à se mettre à ces bonnes pratiques , afin qu'un étranger arrivant dans notre pays et découvrant nos coutumes se dise " Mais ces joyeux drilles boivent vraiment à la française " et que de retour dans son pays il commande à son tour des palettes de verres Duralex . Nos grandes élites doivent donner l'exemple , dans tous les repas officiels , les diplomatiques et les autres , les réunions de travail ministériel , les banquets et tout partout - il faut qu'ils soient toujours un verre à la main en entonnant l'hymne à la production perpétuelle . La main d'abord posée sur le cœur puis sur le verre , ensuite levons nos verres , nous buvons et jetons-les par-dessus l'épaule et en chœur époumonons-nous bien fort pour scander notre nouveau chant de guerre - Vive la République ! Vive la France ! Vive Duralex !
Avant d'aller charbonner à 500 m du point de deal , systématiquement ils mettent la capuche du hoodie sur la tête et ils tirent sur les liens pour la resserrer puis ils rajoutent une casquette , ne laissant apparaitre que l'ovale du visage assombri par la visière . De loin on dirait une bande de Télétubbies
Blanc
Bleu
Blanc
Bleu
Blanc
Bleu
Blanc
Bleu
Blanc
Bleu
Blanc plafond
Bleu drap
Blanc plafond
Bleue drap
Blanc plafond
Bleu drap
A l'oreille doucement mot par mot elle lui a dit
- Ce soir ont a fait du Majorelle
A ce congrès de scientifiques revient la question récurrente
Comment instaurer un test anti-dopage pour le premier spermatozoïde arrivant à l'ovule ?
Après de multiples débats il semble que la solution ne soit pas encore trouvée
Il se peut que le tsunami des trottinettes se déversant dans les villes soit un hommage aux Structures portantes de Guy Debord et Asger Jorn
C'est possible mais rien n'est certain
Après l'arrachement tant désiré du sol , n'y laissant qu'une population résiduelle . C'est la période de l'Apesanteur - cet entre-deux . Ce moment flottant si agréable entre terre et ciel - enfin mettre en action dématérialisation et numérisation pour tenter de le rejoindre . C'est toute une trajectoire cela
Chaque été c'est le même pèlerinage , ils se rendent par millions aux bords des flots . Pour contempler et rendre hommage à la soupe primitive dont nous sommes sortis . C'est des moments d'hébétude nimbés de profondes parenthèses de mysticisme . C'est donc là - oui c'est là . Entre terrasses , bains de soleil , farniente et longues soirées - ne rien faire - surtout rien du tout - se baigner dans le néant de l'océan du temps pour être en communion totale . Recommencer dès que possible
D'étranges cris d'orfraie accompagnent chaque année la rentrée littéraire . Trop ! Il y a en a trop ! Beaucoup trop ! Vraiment trop ! Ils semblent déplorer le nombre de parutions - cette année 460 paraît-il . Ce qui est finalement très peu pour le nombre d'écrivains potentiels sans compter les velléités . Ce qui est très peu pour le nombre d'histoires à raconter que contient le monde , les vraies ou les imaginaires . Ce qui est très peu pour une population se comptant en millions . Puis dans le lot il n'y en a vraisemblablement pour chacun que deux ou trois titres qui lui seront indispensables et plaisants à la lecture . C'est sans compter la bande dessinée où il y avait cet incroyable homme-orchestre qu'était Raoul Cauvin , il nous reste Jean Van Hamme . Avec son écriture toute en découpages cinématographiques il suffit de lui demander un scénario et c'est parti pour des heures en sa compagnie . Pour Thorgal , XIII ou Largo Winch c'est le principe de la balle rebondissante même dans un coin ça repart . Un feuilletoniste quelque que soit le support qu'il choisisse il lui faut alimenter le fictionnel - après tout à moins d'avoir une œuvre en bloc imposant une cohérence , il est possible de choisir tel ou tel embranchement et cela ne change pas fondamentalement la donne . Les histoires forment une Atlantide au fur et à mesure qu'elles disparaissent . Qui se souvient d'une seule du haut-temps romanesque des croisades ou encore du conflit qui embrasa l'Europe en 14-18 à part Jacques Tardi ? Le commandant Raynal bonifiait à chaque nouvelle mouture sa légende du pigeon Vaillant portant le dernier message au péril de ses ailes du fort de Vaux - et c'était encore plus beau à lire ou à entendre . Les premières histoires sont avec ses parents mais l'enfant est trop petit , alors on lui raconte ce qui s'est passé , c'est plus ou moins vrai . Celle du couple aussi qui en forme une , jusqu'à la séparation et l'apparition des versions - parfois l'histoire cesse d'exister , il n'y a plus personne qui a envie de la raconter . Toutes ces intimes doivent rejoindre l'Atlantide aussi . J'étais en compagnie de René Magritte , de sa biographie que je lisais de conserve avec Mémoires d'écriture - cet élégant a perdu à sa mère à l'âge de treize ans - elle s'est suicidée . Jean Van Hamme lui a perdu sa mère à l'âge de deux ans . Sur les étals devant eux des bouts d'âmes à vendre - en tableaux ou en scénarios . Il se dit que raconter ou écouter des histoires a une vertu consolatrice et rend la vie plus belle . Il se dit tellement de choses . A bientôt pour de nouvelles aventures et lectures
Il vérifie consciencieusement ses ongles
Il doit rencontrer ce soir cette si jolie fille au regard vert embrumé par le désir
Ce n'est pas le moment d'en avoir un qui accroche
On sait jamais
Il faut le dire on n'est pas toujours objectif , ayant pour habitude de photographier les livres que je chronique à même le plancher de mon bureau , en croiser un qui révèle des écrits planqués au dos - c'est plus que tentant d'en entreprendre la lecture . D'ailleurs n'y en aurait-il pas quelques-uns sous le mien ? Faut-il préparer le pied de biche ? Pas forcément et nous allons voir pourquoi . Ah les enthousiasmes ! Parfois il faut être attentif à ne pas se faire refourguer de la drouille , cela arrive souvent quand les promesses ne sont pas à hauteur des attentes suscitées . Dans ce livre écrit par Jacques-Olivier Boudon qui est intitulé - Le plancher de Joachim , tout est dans le sous-titre - L'histoire retrouvé d'un village français . C'est écrit par un localier , vous saurez tout , tout sur le village des Crottes , vous saurez tout , tout sur le château de Picomtal où furent retrouvés les inscriptions au dos des lattes de parquets . Vous saurez tout , tout sur la généalogies des différents habitants , si ils sont viticulteurs , forestiers ou élèvent des moutons . Les inscriptions qui date de 1880 sont très succinctes - sur le curé , le châtelain ou l'arrivée du chemin de fer . Il n'y a vraiment pas grand chose et absolument rien de littéraire , c'est peut-être du populaire , mais en cette fin de siècle les sources , ce n'est pas ce qui manque elles sont pléthoriques . Il cite Alain Corbin mais étrangement pas Arlette Farge qui a fait un monumental travail dans une période moins évidente le XVIIIe où les traces laissées par toute une population sont moindres . Les marques laissées par les tailleurs de pierre sur les monuments religieux , les parchemins en palimpsestes , les feuillets abandonnés dans le tiroir secret d'un meuble , les signes de Glozel ou ceux de Marc Pessin - ces trésors qui attendent le découvreur . Y aura t-il un nouveau François Villon à trouver ? Tous ces lambeaux accrochés aux coulées dans les halliers attestent au moins d'une chose - un homme est passé par là . A bientôt pour de nouvelles aventures et lectures
C'est un ami qui nous raconte une de ses dernières aventures à chaque fois avec lui le quotidien devient épopée et cette transmutation c'est faire péter des feux d'artifices dans le ciel d'autres jours que le 14 juillet . Il avait fait son fanfaron - misé gros et perdu - mais pas d'argent , il avait récolté un gage . Ses amis sont facétieux lui qui aime les jolies filles il devait désormais séduire une grosse et pas une tarifée et ramener pour preuve son string . C'est là que les choses se corsèrent . Il nous le dit , elles ne sont pas facile d'approche , les grosses elles se méfient . Elles se disent que le type qui tournent autour d'elles c'est soit un vicelard ou un mort de faim qui cherche un lot de consolation . Elles sont les plus difficiles , mais il a du bagout , du charme et il sait sortir le grand jeu - pluies d'étoiles , du restaurant à la piste de danse . Il est arrivé à ses fins . Ils sont dans la chambre dénudés , l'un face à l'autre debout - il y a de l'étreinte dans l'air . Il repense à la finalité - le pari perdu . Il la regarde interrogatif et lui demande " Mais tu n'as pas de string !? " . Elle est massive , vraiment massive , elle soulève son ventre avec ses deux mains et lui répond " Si il est là " . On ne plus combien de temps elle dura , une tempête de rire nous secoua en tous sens . C'est un garçon qui a le sens des formules après nous avoir rassasié avec cette bonne histoire il nous en décocha une " Vous savez c'est à ce moment là que j'ai pensé , le string c'est le surligneur des fesses " . Notre journée était faite
Nous étions à arpenter des canyons emplis de marchandise de chez Carrefour . Un magasin que nous n'avions jamais exploré . On fait de ces trucs dans la vie . Au croisement de deux allées nous nous sommes retrouvés face une étrange créature - ne bougeant pas - collée devant notre chariot . Un cube de 1m20 de hauteur environ avec deux brosses tournant - un robot ménager . Revenus de notre surprise nous sommes exclamés d'une même voix " Bordel R2-D2 est devenu un prolétaire ! Ah la déchéance ! La honte totale " . Nous ne bougions toujours pas , lui non plus , c'est à ce moment qu'un message émanant d'un haut-parleur crachouillant s'est fait entendre " Un agent d'entretien est demandé au rayon huile où une bouteille vient de casser " . Nous avons effectué un savant créneau et imperturbable il semble avoir continué son chemin . Nous nous sommes alors mis à entonner cette fameuse chanson - Mets de l'huile !
Ah les fameuses actualités , de quoi sont-elles constituées ?
De guerres , de compétitions sportives , de faits-divers , des mouvements de l'économie - principalement
Elles distinguent une seule et unique chose - une échelle de mesure
Laquelle me demandez-vous ?
Celle qui permet de d'indiquer le niveau de la prédation en cours
Tout ce qui n'est pas délocalisable en production ou en service doit être rabaissé . Il faut dénier aux individus une quelconque valeur . Cela fait longtemps qu'il y a ce travail de sape pour les rendre interchangeable - leur ôter toute singularité - tout savoir-faire particulier - toute réelle solidarité
C'est la menace permanente de l'automatisation - numérique ou mécanique - ce qui est le grand remplacement par les machines ou de travail moins cher à l'autre bout du monde
Pour tout ce qui n'est pas possible de remplacer dans tous les pays d'Europe il y a le sans-papier . Il est l'auxiliaire indispensable du capital . Dans le btp , le service à la personne , le transport , la restauration , le maraîchage , la sécurité - il est partout où ils ne veulent pas payer le juste prix . Il est la parfaite variable d'ajustement
Il a deux vertus principales aux yeux du capital . La première que nous venons d'évoquer c'est le nivellement par le bas , la seconde c'est sa fonction de culpabilisation si bien agitée par les propagandistes des bons sentiments . Ils sont le parfait cheval de Troie pour détruire ce qui ne l'est pas encore .
Il faut le dire haut et fort - le sans-papier c'est l'ennemi
Il fait chaud
Très chaud
Plus chaud que nos corps
Juste ventilés par les la la la la la la de Bobbie Gentry
Cette voix à boire des cocktails étoilés toute la soirée
Nous irons en sa compagnie regarder l'Okolona river
Verte et épaisse charriant la vie tel du limon
Puis nous trinquerons en pleurant et en riant tout en même temps
C'est peut-être cela le blues
Bonne écoute
Sortir le tire-bouchon déboucher une quille c'est réaliser un strike alors deux ce doit pas être loin d'un spare . Nous aurons le temps d'affiner la réflexion . Disposer deux verres - ça c'est important . Bien à ma droite une bouteille de chez Jean-Yves Millaire - au choix un Château Cavale qui est en appellation Bordeaux ou un Château la Rose Garnier qui est en Fronsac . Les deux sont intégralement en merlot . Bien à ma gauche une quille du Château Fougas cuvée Organic élaborée par Jean-Yves Béchet , c'est un mélange de de merlot et de cabernet sauvignon . Pour avoir une similaire quasiment composé de merlot il y a la cuvée au beau nom de baptême - Forces de vie - on en reparlera une autre fois , nous n'en avons plus on les a toutes sifflés . Commencer la dégustation en versant dans chaque verre une bonne lampée - il faut être équitable , à niveau équivalent . Porter un des deux verres à sa bouche , après avoir procédé à un tirage au sort . C'est pas bien compliqué on prend les deux bouchons , on les mélange , et celui qui sort de la main - c'est bon , on est parti .Une vraie dégustation , on ne recrache pas , cela ne se fait pas - on dirait du Bill Clinton " Je n'ai pas inhalé " . Le liquide qui reste uniquement dans le palais , c'est ne faire que la moitié du chemin . Un vin c'est un trajet dans un corps . Surtout avec ceux en biodynamie - une canne de verre de conscrit vient d'être avalée - elle est là , elle fait ressentir l'intériorité . Dans ces vins , c'est de l'eau qui est passée à travers la plante , puis les grains . Allez hop c'est pas possible les verres sont vides , il faut se resservir . Une gorgée c'est tel un aphorisme , cela peut donner une idée de la tournure d'esprit de votre interlocuteur - mais là nous sommes partis pour une conversation . Il y a des moments d'écoute et d'autres où les mots s'entrechoquent . Ce qui est le cas là , les verres sont à nouveau vides . C'est pas possible ils doivent avoir un défaut , ils sont troués . Bon on va se resservir et bien les observer . C'est du vin rouge et dans les deux cas , ils n'ont pas des tronches de fatigués - il y a une vibration perceptible . Oh il est temps de porter ce breuvage à nos lèvres . Ceux qui ne font que goûter , c'est sur ils sont de la race des esthètes . Cela ressemble à ces magiciens qui pratiquent l'escamotage et ensuite ils décrivent des arômes - ah c'est beau ! Se resservir à nouveau , bordel la bouteille est vide - quelle arnaque , je sais pas combien elle fait ? 75 centilitres , non il n'y était pas , c'est pas possible . On va en ouvrir une autre pour vérifier . Hop verser dans le verre , c'est un peu le même gout oui , c'est celui de reviens-y - il prédomine . L'autre aussi elle est vide aussi - ça c'est le réchauffement climatique qui fait faire les vendanges en juin sur le plateau d'Albion . Oui et c'est cela qui a fait l'évaporation dans le verre là sur la table . D'ailleurs il est vide , il faut le remplir . Souvent l'épiphanie de la dégustation - elle n'est pas dans le lapement - elle arrive après une bonne fréquentation . Il survient quelque chose - une forme de véracité qui apparait . Ils parlent à Rome , mais les gaulois savent qu'un vin à avant tout le goût de raisin . C'est l'eau qui a transmuté et qui vient en nous . Il est vrai que pour s'amuser à la lecture du livre - La vie mystérieuse du vin de Bruno Quenioux , il faut être camphré vraiment sévère . D'expliquer tout cela , ça donne une de ces soif - l'avantage de ces vins , c'est qu'ils font de doux lendemain . On a pas l'impression d'avoir la tête emplie de douelles s'entrechoquant . Non c'est pas possible , il va falloir les contacter , les vignerons - les bouteilles elles se vident toutes seules . Ah est le tire-bouchon était parti se cacher sous le table - le coquin ! Ce p'tit bruit , ce plop , celui du liège fendant l'air , c'est les seules détonations qu'on devrait tolérer au monde . J'ai un ami il les conserve tous , ils sont les jalons d'un parcours de buveur - avec ses Golgotha et ses envolées . C'est à l'identique d'une bibliothèque , ce n'est pas forcément que l'on va relire un livre , mais c'est qu'il est le témoin d'un moment . C'est pas possible , non , les deux verres sont vides en même temps - bah ça si ce n'est pas une synchronicité ! Bon on va les remplir ensemble . Ce dire qu'ils existent des vins bio et les autres - c'est inimaginable - il y a les aristos - boire un Demeter - il y a quelque chose de , de différent . Je viens de m'apercevoir que sans le vouloir j'ai mélangé les deux vins - ça choque pas trop - c'est la définition d'une cuvée maison . Il n'y a en plus il faut déboucher une troisième . Il faut avoir le sens du sacrifice et celui de la conversation . D'ailleurs il se dit qu'Omar Khayyam ne buvait peut-être pas un seul verre , mais il avait ce combustible pour faire chanter sa prose et danser la vie . Il se dit tellement de choses . Le matériel c'est pas possible , je suis persuadé , mais persuadé de persuadé que ces verres sont sur le principe du tonneau des Danaïdes . Hop on débouche une quatrième , il faut comme le dit si bien Fabienne Verdier , devenir eau pour peindre l'eau , devenir arbre pour le peindre , devenir montagne pour être sa forme et devenir vin pour le décrire . Après c'est vrai le verre , il faut s'en occuper , hop une bonne rasade . C'est à ce moment de la soirée - bien enivré - qu'il s'est passé un phénomène étrange - oui mais nous l'avons oublié . Ce dont il est possible de se souvenir , c'est qu'il est certain , qu'à un moment , un camarade m'ayant rejoint pour m'aider à la cinquième , sixième et septantième bouteilles - un truc comme ça . Nous n'étions plus du tout , du tout objectifs et nous avons pensé que Jean Yves , c'est vraiment un prénom de vigneron et qu'ils faut tous qu'ils se prénomment Jean Yves . Sur ce , c'est pas tout , ça donne faim , il va falloir manger un peu - il faut être raisonnable - quand même et retrouver le tire-bouchon qui s'est carapaté . A bientôt pour de nouvelles aventures . Brinde !