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lundi 10 août 2026

Jean-Yves


 

 

 Sortir le tire-bouchon déboucher une  quille c'est réaliser un strike alors deux ce doit pas  être loin d'un spare . Nous aurons le temps d'affiner la réflexion . Disposer deux verres - ça c'est important . Bien à ma droite une bouteille de chez Jean-Yves Millaire - au choix un Château Cavale qui est en appellation Bordeaux ou un Château la Rose Garnier qui est en Fronsac . Les deux sont intégralement en merlot . Bien à ma gauche une quille du Château Fougas cuvée Organic élaborée par Jean-Yves Béchet , c'est un mélange de de merlot et de cabernet sauvignon . Pour avoir une similaire quasiment composé de merlot il y a la cuvée au beau nom de baptême - Forces de vie - on en reparlera une autre fois , nous n'en avons plus on les a toutes sifflés  . Commencer la dégustation en versant dans chaque verre une bonne lampée - il faut être équitable , à niveau équivalent . Porter un des deux verres à sa bouche , après avoir procédé à un tirage au sort . C'est pas bien compliqué on prend les deux bouchons , on les mélange , et celui qui sort de la main - c'est bon , on est parti .Une vraie dégustation , on ne recrache pas  , cela ne se fait pas - on dirait du Bill Clinton " Je n'ai pas inhalé " . Le liquide qui reste uniquement dans le palais , c'est ne faire que la moitié du chemin . Un vin c'est un trajet dans un corps . Surtout avec ceux en biodynamie - une canne de verre de conscrit vient d'être avalée - elle est là , elle fait ressentir l'intériorité . Dans ces vins , c'est de l'eau qui est passée à travers la plante , puis les grains . Allez hop c'est pas possible les verres sont vides , il faut se resservir . Une gorgée c'est tel un aphorisme , cela peut donner une idée de la tournure d'esprit de votre interlocuteur - mais là nous sommes partis pour une conversation .     Il y a des moments d'écoute et d'autres où les mots s'entrechoquent . Ce qui est le cas là , les verres sont à nouveau vides . C'est pas possible ils doivent avoir un défaut , ils sont troués . Bon on va se resservir et bien les observer . C'est du vin rouge et dans les deux cas , ils n'ont pas des tronches de fatigués - il y a une vibration perceptible . Oh il est temps de porter ce breuvage à nos lèvres . Ceux qui ne font que goûter  , c'est sur ils sont de la race des esthètes . Cela ressemble à ces magiciens qui pratiquent l'escamotage et ensuite ils décrivent des arômes - ah c'est beau ! Se resservir à nouveau , bordel la bouteille est vide - quelle arnaque , je sais pas combien elle fait ? 75 centilitres , non il n'y était pas , c'est pas possible . On va en ouvrir une autre pour vérifier . Hop verser dans le verre , c'est un peu le même gout oui , c'est celui de reviens-y - il prédomine . L'autre aussi elle est vide aussi - ça c'est le réchauffement climatique qui fait faire les vendanges en juin sur le plateau d'Albion . Oui et c'est cela qui a fait l'évaporation dans le verre là sur la table . D'ailleurs il est vide , il faut le remplir . Souvent l'épiphanie de la dégustation - elle n'est pas dans le  lapement  - elle  arrive après une bonne fréquentation . Il survient quelque chose - une forme de véracité qui apparait . Ils parlent à Rome , mais les gaulois savent qu'un vin à avant tout le goût de raisin . C'est l'eau qui a transmuté et qui vient en nous . Il est vrai que pour s'amuser à la lecture du livre - La vie mystérieuse du vin de Bruno Quenioux , il faut être camphré vraiment sévère . D'expliquer tout cela , ça donne une de ces soif - l'avantage de ces vins , c'est qu'ils font de doux lendemain . On a pas l'impression d'avoir la tête emplie de douelles s'entrechoquant . Non c'est pas possible , il va falloir les contacter , les vignerons - les bouteilles elles se vident toutes seules . Ah est le tire-bouchon était parti se cacher sous le table - le coquin ! Ce p'tit bruit  , ce plop , celui du liège fendant l'air , c'est les seules détonations qu'on devrait tolérer au monde . J'ai un ami il les conserve tous , ils sont les jalons d'un parcours de buveur - avec ses Golgotha et ses envolées . C'est à l'identique d'une bibliothèque , ce n'est pas forcément que l'on va relire un livre , mais c'est qu'il est le témoin d'un moment . C'est pas possible , non , les deux verres sont vides en même temps - bah ça si ce n'est pas une synchronicité ! Bon on va les remplir ensemble . Ce dire qu'ils existent des vins bio et les autres - c'est inimaginable - il y a les aristos - boire un Demeter - il y a quelque chose de , de différent . Je viens de m'apercevoir que sans le vouloir j'ai mélangé les deux vins - ça choque pas trop  - c'est la définition d'une cuvée maison . Il n'y a en plus il faut déboucher une troisième . Il faut avoir le sens du sacrifice et celui de la conversation . D'ailleurs il se dit qu'Omar Khayyam ne buvait peut-être pas un seul verre  , mais il avait ce combustible pour faire chanter sa prose et danser la vie . Il se dit tellement de choses . Le matériel c'est pas possible , je suis persuadé , mais persuadé de persuadé que ces verres sont sur le principe du tonneau des Danaïdes .  Hop on débouche une quatrième , il faut comme le dit si bien Fabienne Verdier , devenir eau pour peindre l'eau , devenir arbre pour le peindre , devenir montagne pour être sa forme  et devenir vin pour le décrire . Après c'est vrai le verre , il faut s'en occuper , hop une bonne rasade . C'est à ce moment de la soirée - bien enivré -  qu'il s'est passé un phénomène étrange - oui mais nous l'avons oublié . Ce dont il est possible de se souvenir , c'est qu'il est certain , qu'à un moment , un camarade m'ayant rejoint pour m'aider à la cinquième , sixième et septantième bouteilles - un truc comme ça . Nous n'étions plus du tout , du tout objectifs  et nous avons pensé que Jean Yves , c'est vraiment un prénom de vigneron et qu'ils faut tous qu'ils se prénomment Jean Yves . Sur ce , c'est  pas tout , ça donne faim , il va falloir manger un peu - il faut être raisonnable - quand même et retrouver le tire-bouchon qui s'est carapaté . A bientôt pour de nouvelles aventures . Brinde !